RÉPONSE DE LA NIÈCE
mune ne rend que trop sincère. Elle est arrivée malade, elle a trouvé son oncle dans le plus triste état, séquestré dans une auberge abominable. Ce contrat qu'on réclame, ils l’ont vainement cherché et ne savent trop ce qu’il est devenu. « Il est très-vrai qu’il n’a point le contrat dont il est question, il est très-vrai qu’il a cru me l’avoir envoyé : en effet, il se peut faire qu’il soit perdu dans une lettre qui ne me sera point parvenue comme bien d’autres; peut-être aussi serat-il daus cette caisse qui est en chemin pour revenir, ou dans ses papiers à Paris. Pour obvier à tous ces inconvénients, n’ayant pas la force d’écrire, il vient de dicter à un homme sûr un écrit qui non-seulement le justifie, mais annule à jamais ce contrat, et qui doit assurément désarmer Sa Majesté. » Si madame Denis tient la plume, c’est son oncle qui parle. Et, sous ce rapport, la présence de sa nièce lui sera précieuse, car il lui fera dire tout ce qu’il n’eût pu ou voulu dire. Le jour même, en effet, elle adressait sous son inspiration au roi de Prusse une lettre pathétique où elle invoquait concurremment et sa clémence et sa justice.
Votre Majesté, écrivait-elle, lui redemande votre livre imprimé de poésie dont elle l’avait gratifié. Sire, il est assurément prêt à le rendre, il me l’a juré. Il ne l’emportait qu'avec votre permission, il le fait revenir avoc ses papiers dans une caisse à l’adresse de votre ministre ; il a demandé lui-même qu’on visite tout, qu’on prenne tout ce qui peut concerner Votre Majesté. Tant de bonne foi la désarmera sans doute. Vos lettres sont des bienfaits, notre famille rendra tout ce que nous trouverons à Paris.
Votre Majesté m’a fait redemander par son ministre le contrat d’engagement. Je lui jure que nous le rendrons dès qu'il