‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 428 sur 431 · DÉMARCHE PRÉVUE PAR VOLTAIRE · texte numérisé non relu

DÉMARCHE PRÉVUE PAR VOLTAIRE

plies. Le public juge les hommes sans considérer leur état, et vous gagnez \otre cause à ce tribunal. Nous ferons très-bien de nous taire, le public parle assez '.

Ainsi Frédéric se lavait les mains de tout ce qui s’était passé, et son chargé d’affaires à Paris avait mission de répéter « dans toutes les maisons » qu'il n’y était pour quoi que ce fût, tandis que son aller ego rejetait sur le maître la responsabilité et l’initiative des violences sauvages commises a Francfort. Voltaire s’attendait à ce résultat. « ... Mais que ferat-il, écrivait-il de Mayence, à madame Denis, pour réparer l’outrage abominable qu’on vous a fait en son nom? Milord Maréchal sera sans doute chargé de vous faire oublier, s’il est possible, les horreurs où un Freytag vous a plongée*. » Milord Maréchal recevait, en effet, en juillet, une lettre du roi, où se trouvaient ses regrets d'une violence aussi brutale qu’inutile 3. On comprenait, en définitive, que de pareils actes font médiocrement honneur et ont, en tous cas, besoin de trouver leur raison d’ètre dans l’iuexorabilité des circonstances qui les ont provoqués.

1. Voltaire, OEuvres complètes (Bouchot), t. LVI, p. 345. Lettre de madame Denis à Voltaire ; à Paris, le 20 août 1753.

2. Ibid., t. LVI , p. 333. Lettre de Voltairo à madame Denis; k Mayence, le 9 juillet 1753.

3. LaBeuumelle, Vie de Muupertuis (Paris, Ledoyen, 1850). Lettre de Frédéric à lord Maréchal ; juillet 1753.

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