‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 427 sur 431 · DÉSAVEU DU MAITRE ET DU VALET · texte numérisé non relu

DÉSAVEU DU MAITRE ET DU VALET

attirera, les rapprochera fatalement, et nous assisterons au plus bizarre, au plus étrange spectacle.

A l’heure qu’il est, le philosophe de Sans-Souci, plus inquiet qu’il n’en a l’air, attend avec un apparent stoïcisme, l’effet des vengeances qu’il a provoquées. a Je ne suis pas sensible, écrit-il à sa sœur, au mal qu’il voudrait me faire, mais je l’ai empéché de m’en faire davantage et, par cette raison, je lui ai fait rendre mes vers et toutes les lettres que je lui ai écrites ‘. » Mais la fin légitime-t-elle inexorablement les moyens, et, encore un coup, n’y a-t-il qu’à louer à tout cela? Madame Denis, que son oncle avait laissée derrière lui, probablement pour régler ses comptes à Francfort et qui reprenait, le lendemain, le chemin de sa chère rue Traversière, écrivait à Voltaire alors à Strasbourg :

Il n'y a personne en France, je dis personne, sans exception, qui n’ait condamné cetto violence mêlée de tant de ridicule et de cruauté. Elle donne des impressions plus grandes que vous ne croyez. Milord Maréchal s'est tué de désavouer, à Versailles et dans toutes les maisons, tout ce qui s’est passé à Francfort. Il a assuré, de la part de son maître, qu’il n'y avait point de part. Mais voici que le sieur Frédersdorff m'écrit de f’otsdam, le 12 de ce mois : « Je déclare que j’ai toujours honoré M. de Voltaire comme un père, toujours prêt à lui servir. Tout ce qui vous est arrivé à Francfort a été fait par ordre du roi. Finalement, je souhaite que vous jouissiez toujours d’une prospérité sans pareille, étant avec respect, etc.

Ceux qui ont vu cette lettre ont été confondit. Tout le monde dit que vous n'avez de parti a prendre que celui que vous prenez d'opposer de la philosophie à des choses si peu philoso-

1. Œuvres de Frédéric le Gnrnd (Berlin, Preuss.), t. XXVII, p. 235. Lettre Frédéric & la margrave de Bayreuth. Ce 7 (juillet 1753).

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