‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 50 sur 431 · PARFAIT EXÉCUTANT · texte numérisé non relu

PARFAIT EXÉCUTANT

grande perfection1. 11 a l'embouchure admirable, beaucoup d’agilité dans les doigts, et un grand fond de musique. 11 compose lui-même ses sonates. J'ai eu l’honneur de me trouver plus d’une lois derrière lui dans le tems qu’il jouoit, et j’ai été enchanté de son goût, surtout pour Yadagio *. C'est une création continuelle de nouvelles idées *.

Chasot partageait son temps entre son régiment et la cour, « quoique la règle soit d’être toujours à sa troupe4. » A la cour, c’était pour le chevalier des jours filés d’or et de soie, où les heures s’écoulaient comme des instants. 11 aimait un peu plus les femmes que ne les aimait son maître, et se livrait avec emportement

1. La flûte était le seul Instrument que souffrît Frédéric à ses concerts; les autres n’étaient que pour accompagner, ce qui avait tait dire plaisamment à un musicien de sa chapelle : a Si vous croyci que e roi aime la musique, vous vous trompes; U irai nu* que la flûte; et encore n’aime-l-il que la sienne. » Fetis, Biographie universelle des musiciens (Didot, 1802), t* III, p. 328. Caalilc-Blaze Tait lion* neur du propos à Sébastien Uach. Revue de Paris (29 septembre 1833), t. LlV,p. 288.

2. Burney, dans le voyage musical qu’il fit en Allemagne long* temps après, put assister à l’un de ces concerts; il donne les mêmes éloges au talent de tlrluose de Frédéric. ■ Le concert commença, nous dit-il, par un concerto de flûte, dans lequel S. M. exécuta les parties récitantes, les solo avec une graude précision. Son embouchure est nette et égale, son doigté brillant, et son goût pur et simple. J’ai été aussi également charmé de la propreté de son exécution dans Yallegro que de son expression ou du sentiment qu’il met dans Yadagio. Elle surpasse en plusieurs de ces points essentiels tout ce que j’avais encore entendu d’ainateurs et de nombre de professeurs. « Burney, the présent State ofmusic in Germauy the nelherlands , and uniled provinces (London, 1773), vol. tl,p. 151, 152.

3. Baron de Biclfcld , Lettres familières (la Haye, 1763), t. p. 79. Lettre VIII ; à Rheinsberg, le 30 octobre 1739. — Ni col al, Anekdoten von Konig Friedrich II von Preussen und von einigen Per sonen die um ihn waren (Berlin, 1790), second cahier, p. 217.

Duc de Luynes, Mémoires, t. XI, p. 380, 382, février 1752.

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