‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 51 sur 431 · VOLTAIRE CONFIÉ A CHASOT · texte numérisé non relu

VOLTAIRE CONFIÉ A CHASOT

à son penchant pour elles ; ce qui, entre autres admonestations, lui attira de celui-ci une longue épltre, sur la Modération dans l'amour :

Ne pensez pas Chasot, vous que l’amour possédé

Avec l’affection et la confiance de Frédéric, un traitement dont il eut pu se contenter, si l’argent ne lui eût pas fondu dans les mains, on se demande ce qu’il pouvait désirer. Voltaire écrivait à Maupertuis, en 1743 : « Chasot, ce Chasot que vous avez vu maudissant la destinée, doit la bénir; il est major, et a un grand escadron qui lui vaut seize mille livres au moins par an. » 11 est peu question de Chasot dans la correspondance du poète, qui se brouillera avec lui, comme on verra, au sujet de son procès. Ils se recontraient pourtant à la table et dans l’intimité du roi de Prusse, qui, s’il fallait en croire Wagnière, confia Voltaire au chevalier, durant une excursion que fit le premier chez divers petits princes allemands.

Il demanda un jour au roi la permission d'aller dans différentes cours d’Allemagne. Co monarque chargea le général comte de Chasot *, de l’accompagner, do lui rende compte do tout ce que dirait et ferait le voyageur, et lui donna ordre de payer tous les frais de voyage. Passant dans une ville, on lui présenta un album, en le priant d’y écrire quelque chose. Le dernier voyageur y avait mis ces mots suivis de son nom : Si Deus p ro nobis, guis contra nos? M. de Voltaire écrivit dessous : les gros bataillons prussiens. Voltaire.

1. Œuvres de Frédéric te Grand (Berlin, Preuss.), I, X, p. 187- 193; à Polsdam, 27 septembre 1719.

2. Longchatnp débute par deux erreurs. Chasot, qui ne fut jamais comte, ac relira de Prusse avec le grade de lieutenanl-coionel et non de général.

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