FAVORABLE A VOLTAIRE
chait dans son état de maladie, et prétextait la dureté et l’inclémence du climat pour ajourner son voyage aux calendes grecques. Mais le roi, qui ne se payait pas de pareilles raisons, lui dépêche une douzaine de certificats en faveur du ciel de Berlin, tous signés de grands docteurs, tels que Maupertuis, d’Argens, Algarotti et Darget *. Celui de Darget était en vers *. On ne pouvait cependant en pareille matière avoir moins d’autorité que ce dernier qui, à cette époque même, se plaignait fort du dérangement de sa santé. Quoi qu'il en soit, le lecteur et l’écrivain étaient dans les meilleurs termes; et lorsqu'il avait été question de donner Fréron pour successeur à d’Arnaud, c’est à Darget que Voltaire s’était adressé pour empêcher cette négociation d’aboutir. Dans sa querelle avec Baculard, l’appui de Darget ne laissait pas de lui être également d’un puissant secours1 2 3. Mais, loin de nier les bons offices, l’auteur de Mérope , les proclame avec une coquette exagération, avec une poétique gratitude, auxquelles l’on ne pouvait être insensible. 11 finissait une épitre à Darget par les quatre vers suivants :
Adieu, monsieur le secrétaire,
Soyez toujours mon tendre appui :
1. Voltaire, OEitrres complètes (Beuchot), t. LV, p. 28, Lettre de Frédéric à Voltaire ; le 10 juin 1749,