‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 57 sur 431 · SON PORTRAIT · texte numérisé non relu

SON PORTRAIT

péril, pour séparer son sort du vôtre, coupé son propre vêtement, nous semblerait être déjà plus dans la vraisemblance de ce caractère modéré, placide, qui pouvait n'avoir pas tout l’élan et la flamme auxquels il eût voulu faire croire, mais dont la personnalité, en tous cas, devait être complètement inotîensive; et, pour son compte , Maupertuis était-il bien sûr de n'avoir pas un égoïsme autrement envahissant, autrement agressif? Les occasions où l’on a besoin du dévouement d’un ami ne se présentent, et c’est fort heureUi, qu’une fois peut-être dans la vie; mais un besoin qui se fait sentir à toutes les heures, c’est la sérénité, l’aménité du caractère, la facilité, la flexibilité de l’humeur. Ce sont là les vertus d’Algarotti ; vertus innées, vertus acquises, peu nous importe? Mais il les réunit au degré le plus éminent : il est l’homme sociable, l’homme du monde par excellence, comme Fontenelle, son contemporain et son modèle.

C’est aussi, comme Fontenelle, un savant bel esprit, qui va à la science par de petits chemins fleuris, et en semant le plus de fleurs sur ses pas et sur les pas de celles qui consentent à le suivre. Les femmes dtl diï-septième siècle se sont toutes passionnées pour DescarteS et ses tourbillons ; mais Descartes a fait son temps ; c’est le tour de Newton, et la partie est gagnée pour ce dernier, en dépit d’une académie des sciences retardataire et routinière, si la plus belle moitié du genre humain s'enrôle sous ses bannières. Il Newtonianismo per le donne procède de la Pluralité des mondet par sa forme galante, sa rhétorique, son style, ses airs précieux. Certes, ce n’est pas la meilleure manière de

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