LA RUE QUINCAM POIX
brusquement la France et passa en Hollande, avec l’écrin de la défunte, à ce que les méchants prétendirent.
Le baron s’éloignait pour un temps; il allait tâter le terrain à Vienne, à Dresde, à Madrid, en Prusse, et, l’épreuve faite, reprenait philosophiquement le chemin de Paris. Au moment où nous l’y voyons rentrer, l’écossais Law avait donné la fièvre au pays, l'on était en plein Système. Pollnitz, comme tout le monde, se précipita dans ce boueux pactole de la rue (Juineampoix, qui roula un instanttout l'or de la France. « J’ai eu là, disait-il à Thiébault en lui montrant sa poche, quatorze cent mille francs bien comptés. » Ce n’était rien alors de gagner des millions; le tout était de s’arrêter, de réaliser, d'aborder le rivage qui semblait si près qu’on dédaignait de jeter l’ancre , et qui disparaissait comme un décor d’opéra, au momeut où l’on s’y attendait le moins. Bref, Pollnitz eut foi au papier, s’entêta devant le discrédit qui commençait à l’atteindre , se crut fin en gardant des valeurs dont la dépression n’était sûrement que temporaire, et perdit tout. Mais ce fut là l’histoire des neut dixièmes des agioteurs.
La fortune lui devait plus d’une revanche ; au moins, en une circonstance capitale, le traita-t-elle en ami. lin jour, étant à dîner dans une auberge, à l’entrée d’Étampes , il est abordé par un étranger qui lui demande de le laisser s’asseoir à sa table. Le survenant avait de bonnes manières , il était bien
à 31. Pollnitz, dan» ses Nouveaux Nimnlrn (t. I, p. 331 & 333), parle aussi d'une vieille coquette qu'il sonfre h épouser pour sa cassette, et avec laquelle il n'csl pas plus heureux, un lin de compte.