I.A PENDULE DE FRÊDêltIC
cheminée, dans un lil que dissimulait un paravent. C’était, du reste, un modeste lit de camp couvert d’un vieux taffetas cramoisi, sur lequel venaient se vautrer ses levrettes. On sait que Frédéric avait la passion des chiens, et que, dans ses voyages et même en campagne, il tenait toujours une petite levrette sous sa veste On a conservé à ce sanctuaire l’aspect qu’il avait encore, lorsque le vieux Fritz rendait sa grande Ame. On montre le fauteuil à bras sur lequel il expira, et le coussinet de serge verte rempli de son, sur lequel il reposait sa joue endolorie. La petite pendule, qu’il avait l’habitude de remonter lui-même, et qui, selon la légende, s’arrêta au moment même de sa mort, le 17 août 17811, à deux heures vingt minutes après minuit, est toujours là, sur la commode, où elle repose aussi de son dernier sommeil.
Le cabinet, de forme ronde comme le salon, se trouve à l’une des extrémités du bâtiment. Il est garni d’une bibliothèque de bois de cèdre ornée de guirlandes et de festons de bronze doré, et surmontée d’antiques de marbre blanc qui avaient appartenu jadis au cardinal de Polignac. Le plafond est une composition de Pesne, le peintre favori de Frédéric, et représente Apollon. Les seuls meubles sont un pupitre tournant, sur lequel est encore ouvert un in-folio, Y Art de
1 . Dieudonné Tliiébaull. Souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin (Didol, 1860), t. I, p. 135, 136.
2. D'Argens le surprenait un jour assis par terre, avant devant lui une nssiellu pleine de fricassée, et donnant la pâtée à ses chiens avec un bâlun. Nicolaï, Ânrkdonn von Konig Friedrich II von Preussen und von einiyen Personen die um Uni waren i Berlin, 1700). Premier cafiter, p. 46.
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