‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 86 sur 431 · L’ARCHITECTE LÉGER · texte numérisé non relu

L’ARCHITECTE LÉGER

tourmentée des parcs princiers du dix-huitième siècle1 2. Ne demandons pas au Salomon du Nord un autre goût que celui de sou époque. Il voulut être le créateur de Sans-Souci, et cela si despotiquement que, lui et son architecte, le Français Léger, faillirent se prendre aux cheveux, et qu’à la suite d’une scène où ce dernier ne s’était pas montré moins entêté et moins emporté que le monarque, notre Vitruve se retira pour n’être pas accusé d’avoir, par une lâche condescendance, violé les règles les plus sommaires de son art 3. Le roi de Prusse consultait, à l’occasion, une volumineuse collection de plans de bâtiments qu'il avait recueillie, et dans laquelle, depuis la grande époque architecturale de la Grèce jusqu’à nos jours, se trouvait groupé tout ce que chaque peuple pouvait présenter de chefs-d’œuvre. «C’est en étudiant ces modèles, nous dit Thiébault, qu’il déterminaitses choix, comme c’est à cette étude qu’il faut rapporter tous les bâtiments dont il a décoré Berlin et Potsdam3. » Mais on devine les résultats d’un pareil procédé, au double point de vue de l’art et de la distribution, et il n’est pas un bâtiment construit. par Frédéric qui ne révèle le goût douteux ou inexpérimenté du maître.

Quoi qu’il en soit, Sans-Souci est l’objet des prédilections et des tendresses de Frédéric qui, aussitôt qu’il

1. Baron de Bielfeld, Lettres familières (1» Haye, 1763), t. Il, p. 338. Lettre LXXXV ; à Polsdani, le 19 novembre 1754. — Le Bouge , Jardins anglo-chinois de Sans-Souci (traduit de l’allemand),

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