PIÈCE FALSIFIÉE
ipso facto, à une amende de dix thale^s^ Il accusait, en effet, Yoltaire d'avoir apporté, après coup, des changements et même des additions qui modifiaient notablement et la forme et le fond de l'écrit. Ainsi, la première ligne, qui ne laisse guère d'espace entre elle et le haut du feuillet, eût été une œuvre de seconde main dans un but qu'il faut chercher. M. Ferdinand Klein qui n'est pas un ami de Voltaire, tout en nous disant que la conviction du rapporteur Leuper était défavorable à celui-ci, convient que l'on « ne comprend pas parfaitement ce qui put pousser le demandeur à se rendre coupable de cette falsification. » Ce n'est pas le seul point embarrassant et demeuré obscur; et, au nombre de ceux-là, il nous faut placer le reçu d'une somme de trois cent soixante-quatre thalers, que le même écrivain s'efforce d'expliquer par des hypothèses qui seraieni en définitive à la décharge du poëte. « Il est donc probable qu'il y a au fond de tout cela quelque chose de concerté pour cacher le règlement des bons saxons. Voltaire, en altérant le titre de créance, n'a probablement pas eu l'intention d'en retirer un profit iUicite; il n'a voulu, par la ligne qu'il a ajoutée, que rendre plus apparçnt encore ce que le reste du document ne lui semblait pas suffisamment exprimer^. » Il y a à la cinquième ligne, un « taxables, » que l'on prétendit fait avec un <c taxés, » et substitué dans le but présumable de corroborer d'autant la demande d'une estimation nouvelle des bijoux. Ce qui avait dé-
I. Ferdinand Klein, Annalen der Gesetzgebimg (Berlin, NicolaY, 1790), t. V, p. 243, 272.
?. Wà,, l. V, p. 246.