‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 113 sur 342 · LE CODE DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

LE CODE DE FRÉDÉRIC

autographe de TétraDge baron, où il entre dans les détails les plus piquants sur Voltaire, Cocceji, Algar rotti, La Mettrie et Maupertuis. L'occasion ne saurait être meilleure pour donner un échantillon du tour épistolaire du personnage.

Votre Altesse rolale me demande des nouvelles de dos beaux esprits. Le chef de la bande est touiours exilé de la cour d'Auguste; mais peut-être mieux traite dans sa disgrâce qu'Ovide dans sa faveur. 11 continue d'être logé à Berlin au château, il est nourri 9 voiture déffraré de tout, avec cela il a cinq mille écus de pension et iouit de la liberté de plaider contre israel, et de donner matière à bien des farces. Il ni a point de rimailleur qui n'exerce sa verve contre lui, lui même fait iournellemeni quelciue incartade. Il fut dernièrement trouver le Chancelier, auquel il dit qu'il venoit lui remettre des remarques qu'il avoit fait sur le Code de iustice que Son Excellence venoit de publier, et dans lequel il y avoit de grandes absurdités, particulièrement en ce qui regardoit les lettres de change. Le Chancelier témoigna lui savoir gré de ses remarques, lui promit d'en profiter pour l'avenir; mais le pria de trouver bon que iusqu'au iugement de son procès les choses restassent sur l'ancien pied. Le poëte qui ne s'attendoit pas à être ainsi renvoie, sortit fort en colère... moi qui suis comme les mineurs, qui ne peuvent point faire de lettre de change, ie n'ai point examiné l'article du Code qui en fait mention, et ie me suis contenté d'y trouver ce que personne n'ignoroit avant le Code, savoir que l'autorité du père sur le fils cesse par la mort du père ou par la mort du fils. C'est pourtant ce que M. le Chancelier nous a donné comme une pensée toute nouvelle^Son fils, qui est ici dans les gardes, à qui ie fis remarquer il y a quelque tems cette absence de son père, me répondit plaisament que ie ne

1. Ce Code, traduit par Formey en français, sous le titre de Code de Frédéric, en un volume in-folio, n'élait pas à l'abri de la censure des gens compétents, et laissait fort à désirer à beaucoup d'égards. « J'ai vu de trèâ-habiles jurisconsultes, M. le président de Robeur, par exemple, critiquer amèrement plusieurs articles importants de ce Code, et même en démontrer l'inconvenance à Frédéric lui-même. » Dieudonné Thiébault, Souvenirs de vingt ans de séjour ù Berlin (Didot, 1860), un, p. 95.

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