‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 153 sur 342 · MES PENSÉES · texte numérisé non relu

MES PENSÉES

melle *. De retour à Copenhague, ce dernier ouvrait son cours par une harangue d'apparat qu'il débitait coname étant son œuvre propre et qui doit être restituée à Méhégao, qui la revendiquait plus tard ^. Cela dénote au moins un esprit plus impatient de célébrité que scrupuleux outre mesure, et qui ne regardait point au choix des moyens. Tel il sera , tel nous le verrons ; et nous n'aurons pas besoin des assertions passionnées de Voltaire pour reconnaître, dans Tauteur futur des Mémoires de madame de Maintenons une de ces natures audacieuses, sans moralité, comptant sur une verve intarissable, une somme réelle de connaissances, et cette faveur toujours acquise à quiconque injurie et outrage un grand nom depuis trop de temps applaudi et acclamé.

La dernière année de son séjour à Copenhague, il publiait Mes Pensées ou Quen dira-t-on^? œuvre, à coup sûr, plus déclamatoire que profonde, où Técrivain s'érige en moraliste et en politique de haut vol, donnant la leçon aux rois comme aux peuples; livre décousu, sans lien, sans suite ', mais vivant, mais tenant sans

1. Racine écrivait, à propos de ces lettres : «... M. de La Beaamelle ne m*a pas même envoyé un exemplaire, quoiqu'elles lui aient rapporté bien au delà des VOO louis qu'il m'a payé (à ce qu'il dil) pour mon manuscrit... » Laverdet, Catalogue d' autographes ^ du samedi 11 mai 4861, p. ilG, u» 1026. Lettre de Racine Ois à M***; Paris, 26 janvier ilh'é.

2. Méhégan, Tableau de l'Histoire moderne (Paris, Î778), t. II, p. Tij , Averlissement.

3. La Beaumelle donne une étrange raison du décousu de son livre : « Toutes ces réQexions sont détachées , parce qu'il n'est pas permis aux gens sujets aux migraines de penser de suite. » Mes Pensées (Copenhague, 1761), p. 406.

Page 1