A OUI ELLES SONT ATTRIBUÉES
cesse en éveil par la surprise, IHitiprévii du trait, tin style nerveux, coloré, incisif, qui n'est, cela va sans dire, ni plus sage ni plus retenu que l'idée qu'il habille ; ébauche et débauche d'un homme de beaucoup * d'esprit et de beaucoup de talent même, dont ce n'était que le premier mot. « Plus de la moitié en est excel* lente, note d'Argenson, un quart médiocre, l'autre quart rempli de pensées fausses. Dans le bon, on trouve ce trait: Heureux l'état dont le roî n*auroit point de maltresse, pourvu qu'il n*eût pas de confesseur * î )i Mais à qui donner cet étrange livre? Le marquis n'hésite qu'entre Montesquieu et Voltaire ; ou peutêtre Diderot. « 11 a, nous dit de son côté l'abbé de Voisenon, composé un ouvrage divisé en chapitres sur différents sujets ; il y en a un ou deux qu'on croîroit du président Montesquieu, et beaucoup plus qu'on soupçonneroit d'être de son laquais '. » Tout compte fait, La Beaumelle n'a pas trop à se plaindr'e.
Dans sa hâte de sortir de son obscurité, tout lui eût été bon, tout lui eût été propre. « En Danemark, nous dit un écrivain connu par d'intéressantes études sur les cours du Nord, on le vit échanger des lettres pubUques sur les plus graves sujets de controverse religieuse avec Holberg, qui faisait figure non-seulement comme poëte dramatique, mais encore comme professeur d'université fort bien rente, et aussi comme théologien. Le recueil des lettres de ce dernier a
1. Marquis d'Argenson, Mémoires (Jannet), l. IV, p. 70, 71; 20 janvier 1752. — T. V, p. 128.
2. L'abbé de Voisenon, Œuvres complètes (9 at\s, 1781), t. IV, p. 1^0,