‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 178 sur 342 · CRAINTES MAL FONDÉES · texte numérisé non relu

CRAINTES MAL FONDÉES

Voltaire avait donc fait tout ce qui était en lui pour arriver à l'exactitude la plus complète, et il croyait y être parvenu, quand l'existence de ceslettres de Madame deMaintenon vint ébranler sa confiance dans son travail et lui inspirer les plus vives appréhensions. Ces lettres confirmeraient-elles son dire, et, pièces en main, La Beaumelle n'aurait-il pas beau jeu contre lui et contre son livre? Ces craintes étaient au moins exagérées; et, en dépit des observations pointilleu.*es de son critique, si le Siècle de Louis X/Klaisse à désirer, ce n'est point par l'ignorance des faits et leur application qu'il pèche, tt Je ne me suis pas trompé, s'écriera-t-il avec une juste satisfaction, sur le caractère de cette personne si singulière. Ses lettres qu'on a publiées avant les éditions de 1753 du Siècle de Louis XI V^ sont la preuve que je n'ai rien avancé dont je ne fusse instruit, et de mon amour pour la vérité. Il s'est trouvé que Madame de Maintenon avait signé par avance tout ce que j'avais dit d'elle ^ » Mais c'est ce qu'il ne devait savoir que plus tard ; et, jusque-là, ses anxiétés étaient concevables, ainsi que l'envie de désarmer à tout prix un adversaire si menaçant, si sûr de lui, et d'un tempérament à tout risquer.

Trop impressionnable pour se posséder, pour dissimuler ses angoisses. Voltaire laissait lire dans son jeu ; et, plusil paraissait souhaiter la paix, plus Ton de-

point communiqué, il fallait que Voltaire se préoccupât de la recherche de la Térité historique autrement que Ton n'est disposé à le croire, et c'est ce qu*il n'était que juste d'établir.

1. Voltaire, Œuvres complètes {heuchoi)^ t. XX, p. 551. Supplément au Siècle de Louis XIV.

Page 1