‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 203 sur 342 · SENTIMENTS DE VOLTAIRE A SON ÉGARD · texte numérisé non relu

SENTIMENTS DE VOLTAIRE A SON ÉGARD

que Maupertnis est à Vienne, en bonne santé. Il fbt dépouillé par des paysans dans celte maudite forêt Noire, où il était comme don Quichotte faisant péni» tenee. On le mit tout nu ; quelques housards, dont un parlait français, eurent pitié de lui, chose peu ordinaire à des housards. On lui donna une chemise eala et on le mena au comte de Neuperg. Tout cela se passa deux jours avant la bataille. Le comte lui prêta cinquante louis avec quoi il prit sur le champ le chemin de Vienne comme prisonnier sur parole; car on ne voulait pas qu'il retournât vers le roi après avoir vu l'armée ennemie : on craignait le compte qu'en pourrait rendre un géomètre. Il alla donc à Vienne trouver la princesse de Lichtenstein qu'il avait fort connue à Paris; il en a été très-bien reçu, et on le fête à Vienne comme on faisait à Berlin. Voilà un homme né pour les aventures* » Si ce récit egt inexact en plus d'un point, il n'a rien que de bienveillant. Voltaire, à cette date, ressentait une véritable affection pour le géomètre ; il fut terrifié à l'annonce do cet épouvantable malheur et fort heureux ensuite d'apprendre que tout le monde en serait quitte pour la peur. Le danger écarté, lui échappa-Wl quelque saillie bouffonne qui fut rapportée à Maupertuis?

1, Voltaire, Œuvres complètes (Beucliol), t. LIV, p. 825, 8t6. h^iira de VolUirç h M. de Valori ; Bruxelles, le 2 mai 1741. 11 écrivait également à Cidevilie : a Maupertuis, qui pouvait vivre heureux en France, cherche à Berlin le bonheur qui n'v est pas^ et ge fait prendre par des paysans de Moravie, qui le mettent tout nu, et lui prennent plus de cinquante théorèmes qu'il avait dans ses poches... » Lettre de Voltaire à Cidevilie; à Bruxelles, le 27 mai J741.

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