MAUPERTUTS SUCCÈDE A L'ABBÉ DE SAINT-PIERRE
C'est ce qu'il est permis de conjecturer d'après deux lettres du poète où il se défend de tous torts et fait valoir à son tour le droit qu'il a de se plaindre de soupçons au-dessus desquels il se croyait*. Du reste, ce petit nuage n'eut pas de suites et ne laissa de trace dans l'esprit de l'un ni de l'autre. Ils se revirent à Paris; et si, quelques temps après, l'Académie des sciences ne s'adjoignit pas l'auteur du Mémoire sur la Propagation du feu^ ce ne fut point la faute de son ami qui remua ciel et terre pour lui en ouvrir la porte.
Cependant Mauperluis était retourné en France où ses affaires l'appelaient. Son parti n'était pas pris encore, et sans les dégoûts, peut-être n'eût-il jamais consenti à s'expatrier. La mort de Tabbé de Saint-Pierre laissait un fauteuil vacant à F Académie française; il le sollicita et l'obtint. M. de Maurepas, à peu près dans le même temps, lui faisait avoir une pension de quatre mille livres pour les services futurs qu'il devait rendre à la navigation. Le père de Maupertuis vivait encore, et s'il soutenait son fils, ce n'était pas sans se plaindre du sans-gêne de l'illustre géomètre, qui tirait sur lui sans même lui en donner avis ; et M. de Maurepas de dire : ce II est trop bien né pour donner des avis à son père ^. » Ce père-là, à ce qu'il paraîtrait, était plus qu'économe . Quand ils vivaient ensemble à Paris,
1. Voltaire, OEuvrcg complètes (Benchot), t. LIV , p. 3i5, 373. LeUres de Voltaire à Maupertuis, des 28 mai et !«' juillet