‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 217 sur 342 · MÉMOIRE DE K06NIO · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE K06NIO

à Eœnig qui^ fort reconnaissant des récentes bontés de Maupertuis, ne demandait qu'à admirer et à. battre des mains. Mais cette théorie lui parut inacceptable, et il ne put s'empêcher de grouper tous les arguments qui s'élevaient contre elle dans un mémoire en langue latine écrit avec des ménagements infinis, où les ouvrages de Maupertuis n'étaient pas désignés, où il se gardait surtout de mêler ce nom redoutable. Ce n'était qu'une œuvre purement scientifique, ne s'attaquant qu'à une idée, et que son auteur croyait pouvoir sans scrupule insérer dans les Actes des savants, de Leipzig, auxquels il l'envoya. Cependant, après y avoir réfléchi davantage, et sur la connaissance qu'il avait de l'extrême sensibilité de l'illustre président, il retira son mémoire et renonça dès lors à le publier. Une année s'était écoulée, quand sa santé et son désir d'embrasser Maupertuis, auquel il était redevable de sa nomination de membre de l'Académie royale, le déterminèrent, comme on vient de le dire , à pousser jusqu'à Berlin, où, pour leur tranquillité à tous deux, il eût été à souhaiter qu'il n'eût pas mis le pied.

Dans la lettre même que Kœnig écrivit au président pour le remercier d'une distinction dont il lui était pleinement redevable, il avait touché quelques mots de son travail. Lorsqu'ils se revirent, Maupertuis lui demanda négligemment pourquoi il ne l'avait pas publié ; Kœnig lui exposa avec candeur ses raisons : avant de le mettre au jour, il avait voulu en conférer avec lui, et la crainte de voir son procédé mal jugé par un ami auquel il était si fortement attaché, l'avait décidé à le garder daiv^ ^^i^yi^j^^^-

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