‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 222 sur 342 · DROIT DOUTEUX DE MAUPERTUIS · texte numérisé non relu

DROIT DOUTEUX DE MAUPERTUIS

la recherche de la vérité qui précipite dans l'arène ; mais Ton s'échappe vite par la tangente, et ce qui semblait n'être qu'une question de doctrine et de pure abstraction se change tout aussitôt en une question d'amour-propre aveugle et sauvage.

Ce serait sans doute ici le lieu de reproduire le fragment incriminé et de rechercher jusqu'à quel point Maupertuis était fondé à y reconnaître une inculpation sournoise etperfidedeplagiat*. Mais fort probablement nous saurait-on un mince gré d'insister à l'excès sur le détail d'une lutte dont le souvenir n'est resté vivant que grâce aux facéties et aux sanglantes moqueries du docteur AJtakia. Cette lettre deLeibnitz était-elle ou n'était-elle pas l'œuvre d'un faussaire? Koenig répond qu'il fallait bien qu'il l'eût crue réelle, puisqu'il l'avait citée. On exigeait de lui de fournir la pièce autographe ; mais il ne l'avait jamais eue, et il l'avait déclaré ingénument àMaupertuis, aussitôt que celui-ci s'en était enquis auprès de lui. Était-on beaucoup plus fondé à soupçonner sa bonne foi que celle des historiens, antiquaires, voyageurs, physiciens, qui, le plus souvent, seraient fort embarrassés si l'on se refusait à les croire sur parole? De quoi Maupertuis Taccuse-t-il? D'avoir essayé de lui enlever, au profit de Leibnitz, le mérite et le bénéfice de sa théorie ? Sa réponse et sa défense seront aisées; non-seulement lui, Koenig, nie que le fragment contienne le principe en question,

1. Kœnig n'avait ciié qu'un fragment de la lettre de Leibnitz, dans les Nova ncta Eruditorum de Leipzick (mars 1761), p. 176. Il la reproduisit in extenso dans V Appel au public du jugement de rAcadémie royale de Berlin^ appendice, p. 4?*48i

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