SERVICES DE MAUPERTUIS
chantre d'Achille, non pas sept, maïs dîx-neuf villes de la Grèce! Il n'y avait que Maupertuis qui pût penser cela de Maupertuis. L'éloge continue, à peu près sur ce ton, et entre dans le détail de ce dont lui sont redevables et rAcadéoQie et môme la Prusse. Les services sont incontestables; Maupertuis avait rendu l'être à un cadavre, il avait attiré à Berlin nombre d'érudils et de lettrés, tous plus ou moins recommandables par leurs connaissances et leurs travaux. Si son despotisme était âpre, les corps savants, pas plus que les autres, et moins peut-être, ne peuvent vivre et durer sans une ferme discipline, sans une direction et une autorité qui imposent, sans un chef, enfin, qui tienne les rênes d'une main puissante. Avec ses allures de commandement, Maupertuis était Thomme indispensable à rassemblée renaissante, et Frédéric le sentit si bien que non-seulement dans ce débat scandaleux il mit à sa disposition tous les moyens d'influence à rétranger comme à l'intérieur, mais qu'il voulut, par un acte personnel, apprendre à ses ennemis qu*il faisait de la querelle de son président la sienne propre. N'attribuons pas à autre chose la singulière pièce que nous analysons ici. Voltaire se plaint de ce que Frédéric taxe les partisans du professeur de la Haye d'envieux, de sots, de malhonnêtes gens ; et il atténue plus qu'il n'exagère. L'auteur de la Lettre appelle un chat un chat, et ne mâchera pas ses expressions. Il dira de Voltaire spécialement : « L'un de ces misérables, sous le nom d'un académicien de Berlin, a fait imprimer un libelle infâme dans lequel il traite M. de Maupertuis comme un homme sans jugement peut parler d'un