‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 262 sur 342 · PETIT DICTIONNAIRB A L'USAGE DES ROIS · texte numérisé non relu

PETIT DICTIONNAIRB A L'USAGE DES ROIS

mélancolique retour sur sa vie et ses luttes passées, a 11 medisoituD jour : Je cannois à présent ce que c'est que (Têtre critiqué. Lorsque je publiai mon livre sur la figure des astres y M, S' Gravesande en donna un extrait fort honnête ^ mais accompagné de quelques remarques dont je fus piqué. Aujourdhui j'ai appris à nêtre plus si délicat * . »

Voltaire, à coup sûr, n'était pas sans inquiétude. Devant la récidive, que dirait, que ferait le roi de Prusse? C'était là une question que le poëte se devait poser; et, s'il faisait bonne contenance, il ne laissait pas d'être perplexe. 11 écrivait à madame Denis, le 1 8 décembre :

Gomme je n'ai pas dans ce monde-ci cenl cinquante mille moustaches à mon service, je ne prétends point du tout faire la guerre. Je ne songe qu*à déserter honnêtement, à prendre soin de ma santé, à vous revoir, à oublier ce rêve de trois années.

Je vois bien qu'on a pressé V orange ; il faut penser à sauver récorse. Je vais me faire, pour mon instruction, un petit dictionnaire à l'usage des rois.

Moîi ami signiûe mon esclave.

Mon cher ami veut dire vous m'êtes plus qu'indifférent.

Entendez par je vous rendrai heureux y je vous souffrirai tant que j'aurai besoin de vous.

Soupez avec moi ce soir signifie je me moquerai de vous ce soir.

Le dictionnaire peut être long ; c'est un article à mettre dans V Encyclopédie.

... L'embarras est de sortir d'ici. Vous savez ce que je vous ai mandé dans ma lettre du premier novembre '. Je ne peux demander de congé qu'en considération de ma santé. Il n'y a

1. Formey, Souvenirs d*un Citoyen (Berlin, 1789), t. I, p. 184.

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