US QUATRAIN
ble d'ailleurs qu'on pût se promener dans les appartements du château avec des serviteurs étrangers et commettre un acte aussi indécent sans qu'il y eût là quelqu'un pour s'y opposer • ? N'acceptons davantage que sous béuélice d'inventaire ce que nous dit Yoltaire, qui écri\ait moins à sa nièce qu'en vue des salons de Paris. Loin de vouloir casser les vitres, il tenait à donner à son attitude tous les dehors du chagrin et du rcï^pect. Il écrivit au roi une lettre tendre, soumise,,désespérée mûme^, et fit de ces insignes qui ne convenaient pas à un courtisan disgracié, un paquet sur l'enveloppe duquel il traçait de sa main le quatrain si connu :
Je les reçus avec tendresse, Je vous les rends avec douleur; C'est ainsi qu'un amant, dans son extrême ardeur^. Rend le portrait de sa maîtresse.
Le jeune Francheville alla porter ce paquet à Frédersdorif, que l'on priait par un billet de vouloir bien
1. ('ollini, Non séjour auprès de Voltaire (Paris, 1807). p. 49, 50.
2. Koigset, Voltaire et le président de Brosses (Didier, 1858), supplément à la correspondance de Voltaire avec Frédéric, p. 15, 16, 17. Lettre de Voltaire à Frédéric; l^"^ janvier 17 53, et non le 3, comme semble l'indiquer Collini.
3. « Ce troisième \ers, nous dit Collini, dans une note, a été changé par Voltaire dans le Commentaire historique : il s'y trouve ainsi :
Comme un amant jaloux, dans sa mauvaise humeur...
Je l'ai laissé ici tel que je le vis sur le paquet envoyé à Frédéric. » Dans sa mauvaise humeur était déjà trop accentué pour que Voltaire dût se permettre cette expression en l'adressant directement au roi et à deux pas du roi. 11 le sentit et le corrigea. Thiébaull donne levers encore plus prononcé : a Comme un amant dans sa fureur... » Cette version devait encore moins rester que la précédente.