ENVOI CE QUINQUINA
invité à venir pour le 30 janvier. Mais sa santé ne le lui avait pas permis, u J'ai voulu me vaincre et venir à Potsdam ; mais je suis retombé, la veille de mon départ, dans un état où il n'y a pas d'apparence que je relève. Mon érysipèle est rentré. La dyssenterie est survenue, j'ai souvent la fièvre; il y a quatorze jours que je suis dans mon lit ^ » Il en dit autant dans un billet au chevalier de la Touche, sans date mais incontestablement de cette époque, a Vous vous doutez bien, monsieur, que je n'ay pas suivi le Roy de Prusse à Potsdam malgré ses bontés touchantes ; l'état où je suis ne me laissera pas probablement la liberté de lui faire ma cour; mais je voudrais bien vous faire la mienne^. » Toujours les mêmes excuses, les mêmes prétextes, et dans les mêmes termes. Il temporise, mais ces délais ne sauraient avoir qu'un temps, et il faudra bien s'exécuter. Ce durant , le roi lui envoie de l'extrait de quinquina pour hâter la guérison. a Ce n'est pas cela qu'il me faut s'écrie le poëte ; c'est mon congé. » Il allait mieux, Frédéric voulait qu'il retournât à Potsdam ; l'auteur de la Henriade reprend alors son premier refrain des eaux de Plombières et commence ses préparatifs de départ. Il prévient Francheville qu'il ne peut emmener son fils, qu'une telle démarche déplairait à coup sûr au roi. Mais à ce motif très-spécieux se mêlait la crainte assez fondée qu'on
1, Voltaire, Œuvres complètes (Beuchot) t. LVI, p. 279. Lettre de Voltaire à d'Argens; Berlin, le 16 février 1753.
2. Foisset, Voltaire et le président de Brosses (Didier, 1858). Supplément à la correspondance de Voltaire et de Frédéric, Lettre de Voltaire au ciieyalier de la Touche.