‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 285 sur 342 · LETTRE DE MAUPERTUIS A VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LETTRE DE MAUPERTUIS A VOLTAIRE

confirmer ses appréhensions, et il ne douta plus des intentions de son impitoyable adversaire. A Tidée de voir poursuivre la terrible plaisanterie dont il avait été le seul à ne pas rire, il perdit toute judiciaire; il se souvint qu'il avait été officier de dragons, que son grand sabre devait être pendu à quelque endroit, et se dit qu'il y avait des moyens de réprimer et châtier les insolents. Il eût eu un ami véritable, que cet ami se fût opposé à l'acte de démence qu'il allait commettre. Mais Maupertuis n'avait que des obligés serviles, qui s'inclinaient devant sa volonté, et se fussent bien gardés de lui donner un conseil en contradiction avec la passion du moment. Il put donc écrire tout à son aise, et sans rencontrer le moindre obstacle, la lettre furibonde que nous allons reproduire, et qui est datée du 3 avril.

Les gazettes disent que vous êtes demeure malade à Leipzig^; les nouvelles particulières assurent que vous n'y séjournez que pour faire imprimer de nouveaux libelles. Pour moi, je veux vous faire savoir des nouvelles certaines de mon état et de mes intentions.

Je n'ay jamais rien fait contre vous, rien écrit, rien dit ; j'ay trouvé même indigne de moi de répondre un mot à toute les impertinences que jusqu'ici vous avez répandues, et j'ay mieux aimé laisser courir des histoires de M. de La Baumelle, dont javois le désaveu de lui par écrit et cent autres faussetés que vous avez débitées pour tâcher de colorer votre conduite à mon égard, que de soutenir une guerre aussi indécente; la justice que m'a faite le roy de vos papiers écrits, ma maladie et le peu de cas que je fais de mes ouvrages, ont pu jusqu'ici justifier mon indolence.

1 . Notamment la Gazette d'Virecht des 3 et 6 avril 1753 (n«» XXVU.» XXVIII), et leipziger Zeitungmêf Ûm^g^gf^Wi^^ ^. ^<^\ .

40ë niOUÂTK DU 1M>GTBUR AIAKU.

Mais s'il est vray que votre deueia aoii de m'aiUqutr eaoori et (le m'atUquer, comme vous Tavez dëjà fait, par des persoftnatitës, je vous dt^clare qu'au lieu de vous répondre par des écrtis, ma sanlë eai asaei bonne pour vosa trouver parlmit oè vous serea et pour tirer de voii& la vengeaaee la pliia oomplèlôi

Hendoz ^rrace au respect el à robëisaanoe t^uî ont juaqv ic; retenu mon bras, et qui vous ont sauve de la plus malheureuse aventure qui voua aoit encore arrivée.

YolUûre^ qui a reproduit, dans le reoueil de VAktJà»% une partie de ce dernier paragraphe, «n 9 retmnché k dernier mâmbre de phrase, qui semblait rappeler dei aventures dont le souvenir n'avait en effet iK>ur lui rien de souriant. Il termine, en revanche, le (^Aginenl par un : « Tremblos! a de son invention -, 0% qu'il eit de stricte loyauté de signaler, bien que l'on regr^ta que ce ne soitqifuu apport étranger, tantoci « trombleiU finit heureusement cette ridicule fanfaronnade, Qu^eipérait Maupertuis? Voltaire passait pour poltron, et la perspective d'une affaire eût pu brider sa verve, quelque quinze ans plus tôt ; mais à cinqufinte-neuf ans qu'il avait, y avait-il apparence de Tattirer &ur le prêt Ces menaces de rodomont ne pouvaient avoir d'auM effet que de mettre en gaieté le malin vieillard, et de provoquer une succession de plaisanteries qui , poQf n'être pas des plus attiques, n'en atteignirent pas

moins leur but. Le bon docteur, dans son épouvante, implore aide et soutien de TUniversité de Leipzig, par une requête qui rappelle les causes grasses de nos vieux tribunaux, et quil faut bien joindre au reste.

Le docteur Akakia, réfugie dans l'Université de Leipsick, où il a oherehé un asile contre les attentats d'un Lapon qalîf e Saint-Malo, qui veu^ %WVàvcvwwV V^ \«ei\t «iahsm^ daoi

les liras de la dilc Uni versilù, supplie iirigta(n.mjçi}t..i|iessieurs les docteurs et écoliers de s'armer contre ce barbare de leurs toitoiresct canifs. Il B' adresse' ^rtSeUlièfëmemï j"ses''colirrères; fil flspÈre' qU'îli-'pin'gerônt le&ïSW"rigS"dèé'ài!'(rpafàiïra;*âi|m .éVB'CTeh)ntte))tè3^s'1ïfltoo«!*péci;SnfeJ"eïquils"ci)nM(^^^^^ rpbr IÇùrart Cé:i5ur'']»tit ri3te^''dé'yaÏBonà'cè'crueï'T]|p^^^ .deWie'*'leu['*bhfrèreW-mn-'iiajîra;'qurM''r«!;o7àm8Jid8à WlffS'soins! U pHé mfesHA^irÈ lbS'â>olïircaires de neirpVsouMer bn- cette 'ticita'silin .

'Wje'Téquele de celte jn-gence nqpouvau manquer d être prise en haute considération. Intervint aue^itot «m-décrêt-dcmt suit la teneur, ordonnant d'arrèier aux fpftrtèif'ae la VilleiHffit' ilà^ifae^à|Àt;;]^ï|o,%1o^|3u'Jl vvïèïidrait' pour exécuter son d^s^ein parricide contre 'te bon Akakiavpii lui avait servi 'de^ père. »

'U^'iïùiaâWaya'ftt'ëfcn('iiiie'1ettre''àiuY''[a''t^n^^^^ ftàr'TaiïùeTle \l'ttié"ftàfce' lilâït fiàbîïànt'^de' l'âàsassïnê^j"èj."les^- SïilAVn'ât^ ^ïamHtsttiléniËnt contraires' aux* prïyl^S^es delà F^ip. lièi'Jl'H'e'U)fi8''ét'yifliWii de'Wonner'connàîaaàpce audil,,quic|^, IjuMlinr^e'liMmVéPa a^x'^fw^ïès âe'teipsïc^;. C est'un''i|,i^^ so[ihe qui marche en raisin r<iii'v"-'(^'- lio I'.tit- rli-^irait et de ••air'tlWcîillfé/inëirWii^r.ii...:!: ■ !, i': .;.■■ ■■■ uifiiim.Je illeiBi!ttft'd,'fe'plMionôtlii.' i,-. :i:-^ ■-, :■ |-léiQ„at

l'ësfrHt'préiti'âeWiK^Li,,., |.,„i,„.( 1,..;., M. .,.!■,■ (ip.po^

(«jUr'arsiëtiUïrlesgens'doliiriiU^ faillp/Ceux i^ii en dolinéroflt (SiHhats^hdé'^Ui'ottl'ItiîtlijUiicaiVIle 'f^comiîènsè 'assr^l!^ '^ Ife Wrtffs'fle'Ia VîtleT-b'^inèque lé'JïlVjQam ,^'il V& jjn ^^ làytilnifli'è'cdfiiè^'â'drol'âe 'diaii)àVl'Qyi'^oiL[om'^i;jnM&-

■KStfpWè'ètïiWis!^ 1.

Ces mesures prises,^ comme toute. l^Wm^^iei^^ mse, voici celle dû docteur au natitde Saint-Malo. |g cburoUiié rœui+éi

1 : Sïtl-^i tHà itfitHiiîl de Eel^ït^; in^W^ft Vicr %"ôrmÈvàUi .

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