‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 295 sur 342 · NOUVEAUX DOCUMENTS · texte numérisé non relu

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pas fait attendre et que, quels qu'eussent été les torts du Prussien Freytag, il les avait bien expiés par l'odieux et le ridicule écrasant qui n*ont cessé de peser sur lui jusqu'à ce jour. Il n'avait pas protesté, il ne s'était point défendu. Que pouvait dire et faire, il est vrai, un Freytag, quand un Maupèrtuis n'avait pas trouvé de riposte contre ce terrible adversaire ? Mais voilà qu'il a parlé ou que l'on a parlé en son nom, quoique sur le tard, et que les archives prussiennes se sont ouvertes, dans ces dernières années, à l'investigation historique, La vérité va jaillir de ces documents, quelque divergents qu'ils soient, à la condition que toute question de nationalité et de parti soit écartée, à la condition que l'on se résolve à oublier que le poëte est Français et Frédéric un roi et un roi allemand. Mais est-ce déjà si commode? et l'exemple de M. Varnhagen d'Euse, auquel nous sommes redevable de ces trouvailles, est-il de nature à nous rassurer ou à nous mettre en défiance ? De l'autre côté du Rhin, les écrivains de toutes les nuances et de toutes les écoles s'entendent pour immoler l'auteur du Siècle de Louis X/F à l'auteur des Mémoires sur la maison de Brandebourg . Assurément cela est patriotique, mais infiniment moins équitable et moins philosophique. Essayons, pour notre compte, d'écarter toute prévention, de nous désintéresser de toute affection; donnons-nous, comme l'a dit excellemment un écrivain distingué, à propos même de cette affaire de Francfort, le mâle plaisir de l'impartialité '.

1. Revue des Deux-Mondes (15 avril 1865), t. LVl, p. 845t taire à Francfort^ par Saint-René Taillandier.

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