CHATHUANT
nées plus tard, Lorry aura tous les ridicules que Poin- - sinet donne à son Médecin du cercle. Mais La Mettrie est autrement dur envers Astruc, qu'il appelle Savarttasse^ et auquel il prête ce terrible aveu : « Je fais des livres avec d'autres livres, comme avec de l'argent on gagne de l'argent. Je n'imagine rien; je ne pense point; mais je sais ce que tous les autres ont pensé; je sais tout excepté la médecine*.» Le pamphet entier n'est qu'un chapelet d'invectives contre la Faculté, en général, et chacun de ses membres en particulier, car il ne fait guère d'exceptions. La Metlrie s'est donné à lui-môme le nom de Chat-huant. Il eût pu se dispenser, d'ailleurs, de ces frais d'invention, puisqu'à la fin du volume il place le véritable nom à côté du sobriquet. Ce petit livre n'est pas commun, il semble avoir échappé au dernier éditeur de V Homme machine ^ M. Assézat, et nous 1« signalons ici plutôt comme une curiosité bibliographique que comme une satire de quelque valeur. La Mettrie n'était pas seulement un gros garçon plein de gaieté ; il avait le coup de marteau, cela soit dit à sa décharge. Il frappe à tort et à travers, comme les enfants, pour le plaisir de casser, et il ne s'épargnera pas lui-même. Il ne respectera ni lui ni les siens, et fera parfois d'étranges plaisanteiies comme est celle-ci, entre mille : Pluton a prononcé un arrêt d'exil contre Chat-huant. « Vous devez être content, lui dit-il, votre femme ^ ne vous suivra pas dans votre exil. C'est l'ordre que je donne. » Et Chat-huant de