LA FACULTÉ VENGÉE
teindre, et l'ouvrage fut condamné, par arrêt du parlement du 9 juillet, à être lacéré et brûlé par l'exécuteur delà haute justice. C'était là un succès; aussi LaMettrie publiait-il, l'année suivante, sous le titre dé la Faculté vengée^ une comédie satirique où tout le corps médical était attaqué avec la dernière violence. Chaque médecin avait son sobriquet approprié, autant que faire se pouvait, à l'homme et à ses ridicules. Bouillac y était désigné par celui de Sot-en-cour, Bourdelin par celui de Boudineau. Procope s'appelait Bavaroise en souvenir de son père le cafetier; et Sidobre, auquel il avait dû pourtant d'être placé auprès' du duc de Gramniont, Muscadin. Sidobre était fort recherché, à ce qu'il paraît, dans sa toilette et faisait de la médecine en petit-maître, comme cela ressort dé ce bout de dialogue avec Pluton :
Pluton : Vous avez l'air vous-même d'un grand seigneur, on' diroit que vous auriez fait la fortune d'un intendant. Le beau linge I les superbes dentelles! le beau blond ! Je n'ai jamais vu de plus belles perruques I Le beau diamant ! et le magnifique' bec-à-corbin 1
Muscadin: Je suis tout or, jusqu'à mes boucles et mon plat à barbe. Je porte en hiver des chemises de colon fin '
Au moins, est-ce là un trait de mœurs. Sidobfe n'était pas le seul original que renfermât alors la Faculté, dont plus d'un membre était sorti de la gravité traditionnelle pour tomber en l'excès opposé. Ce devait être même un des signes du temps, et, quelques an^
1 . La Faculté vengée , com-^die en trois actes , par M***, ddclcùr régent de la Faculté de Paris (Paris, Quillau, 1747), p. i4ê,<a0folfr scène viii.