‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 312 sur 342 · RÉPONSE DE LA NIÈCE · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE LA NIÈCE

mune ne rend que trop sincère. Elle est arrivée malade, elle a trouvé son oncle dans le plus triste état, séquestré dans une auberge abominable. Ce contrat qu'on réclame, ils l'ont vainement cherché et ne savent trop ce qu'il est devenu. « Il est très-vrai qu'il n'a point le contrat dont il est question, il est très-vrai qu'il a cru me l'avoir envoyé : en effet, il se peut faire qu'il soit perdu dans une lettre qui ne me sera point parvenue comme bien d'autres; peut-être aussi serat-il dans cette caisse qui est en chemin pour revenir, ou dans ses papiers à Paris. Pour obviera tous ces inconvénients, n'ayant pas la force d'écrire, il vient de dicter à un homme sûr un écrit qui non- seulement le justifie, mais annule à jamais ce contrat, et qui doit assurément désarmer Sa Majesté. f> Si madame DenU tient la plume, c'est son oncle qui parle. VA^ i^om ce rapport, b présence de sa nièce lui mm préd«iJ»f?, VM il lui fera dire tout ce qu'il n'eût pu ou KoiiUl rfir«. L^ jour même, en effet, eWewirufhtiuimm^fU imphniUiU au roi de Prusse une lettre p^tiUMpiH*^ hU t^\U UWf^^HiH concurreauueut et sa cSètmm^^ ^ ^ }^f^t^^,H.'

Votie Majesté, éerivalt-elle , lui u^m^M^ vy'-»^' *:»><**' .'M,»

, . p«ét à ie feudre, il tue V¥ jun*. Ai *h' )^w»imu^»" 'i" \'^'>

v-^^tre penai«aiofi, il le Sait f^veuw ♦iviH' »h»»« iuhH' u |Jt»»., m..cnfi«ei redresse de voire ^fli^liHU4^; il M «Uun*ii.vl«^ lui ny^'^^sy «nf-an ^MVe tout, qu'on preiuKî Umi a' MM» |.,i ui jrM.n m . TîrtPe «aj68të. Tant de boa«e foi lit «Ki^^i' moi n f^". • J.-.h. > .. . lettres «ont des bienfaits, notre famillo nmdrM l.'ui ^i' 'i»«' h»'u . Hipouveroos à Farie

i3i^otre ttajeâté m'a lait redeuuiudor l^^' J^^^^^^B ' -^ «^l licat d'en^gewent. Je lui jure que uoVMt ^^m ■>/**^ *

46i PROMESSES SACRÉES.

sera retrouvée Mon oncle croit qu'il est à Paris, peut-être est-il dans la caisse de Hambourg. Mais, pour satisfaire Votre Majesté plus promptement, mon oncle vient de dicter un écrit (car il n*est pas en état d'écrire) que nous avons signé tous deux; il vient d'être envoyé à milord Maréchal qui doit en rendre compte à Votre Majesté. Sire, ayez pitié de mon état et de ma douleur. Je n'ai de consolation que dans vos prooiesses sacrées et dans ces paroles si dignes de vous : Je serais au désespoir détre cause du malheur de mon ennemi ^ comment pourrais^e Vètre du malheur de mon ami? Ces mots, Sire, tracés de votre main, qui a écrit tant de belles choses, font oia plus chère espérance. Rendez à mon oncle une vie qu'il vous avait dévouée, et dont vous rendez la fin si infortunée; et soutenez la mienne; je la passerai comme lui à vous bénir.

La péroraison, quelque respectueuse qu'elle fût dans la forme, était un rappel significatif aux promesses de Frédéric, à ses protestations chaleureuses d'amitié, d'estime, presque de respect opposées aux appréhensions outrageantes de la nièce; car c'était pour neutraliser l'impression fâcheuse produite par une lettre de madame Denis que le prince avait écrit cette épltre tendre, caressante, où se trouvait en effet

1 . On 8*étonne de l'importance qu'altaèhe Frédéric à ravoir cette pièce, c Cet écrit, dit Voltaire dans sa déclaration, qui n^était pas un contrat, mais un pur effet de la bonté du roi ne tirant à aucune conséquence, était sur un papier du la moitié plus petit que celui-ci, que Darget porta de ma chambre à Tappartement du roi à Potsdam ; il ne contenait autre chose qu'un remercîment de ma part de la pension dont S. M. le roi de Prusse me gratifiait avec la permission du roi mon maître, et de celle quMl accordait à ma nièce après ma mort et de la croix et de la clef de chambellan. Le roi de Prusse avait daigné mettre au bas de ce billet, autant qu'il m'en souvient : Je signe de grand cœur ce marché que j*avais envie de faire il y a quinze ans. » Duc de Luynes, Mémoires, t. XII , p. 492, Déclaration de Jf. de Voltaire au roi de Prusse, remise par lui au ministre de S, M, prussienne ù Francfort,., juin 1753.

Page 1