‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 317 sur 342 · RENVOYÉ A LA POSTE PROCHAINE · texte numérisé non relu

RENVOYÉ A LA POSTE PROCHAINE

à qui la peur de se compromettre et d'être blâmé donnait le vertige, ne voulut point consentir à s'écarter de ses instructions et décida que Ton attendrait de nouveaux ordres. Restait à faire goûter ces arrangements. La besogne ne laissa pas d'être ardue, et de plus habiles que Freytag eussent échoué.

Monsieur^ ëcrivait-il à Voltaire , par un ordre précis que je viens de recevoir à ce moment^ j*ai Thonneur de vous dire, Monsieur, que l'intention du roi est, que tout reste dans Tëtat où est l'affaire aprësent; sans fouiller et sans dépaqueter le ballot en question, sans renvoyer la croix et la clef, et sans innover la moindre chose , jusqu'à la première poste qui arrivera jeudi qui vient. J'espère que les ordres de cette nature sont les suites de mon rapport du 5 de ce mois, dans lequel je ne pouvais pas assez louer et admirer votre résignation dans la volonté du roi, votre obéissance de rester dans la maison où vous êtes, malgré votre infirmité, — et vos contestations sincères de votre fidélité envers Sa Majesté. Si je mérite avec tout cela, monsieur, votre amitié et votre bienveillance, je serai charmé de me pouvoir nommer votre trcs-humble, etc.

Que l'on se mette aux lieu et place de Voltaire. Quoi ! malgré les assurances du résident prussien, malgré les ordres formels du roi qui, en le faisant arrêter, ne prétendait qu'à rentrer en possession de la clef de chambellan, de la croix de son ordre et de ses poésies, on s'opposait à ce qu'il partit, on le retenait jusqu'à de nouvelles instructions, comme si désormais il restait à Frédéric le moindre prétexte de prolonger cetéta d'inquiétude et d'angoisses! Qu'entendait-on faire de lui? que lui était-il réservé? Avec une imagination alerte, impétueuse comme la sienne, l'on ne s'arrête pas à mi-chemin, les choses revêtent en un instant les

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