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de fuir, de respirer en liberté. Il demande qu'on le laisse partir, s'engageant plus ou moins sincèrement à revenir, et tout change aussitôt d'aspect aux yeux de Frédéric qui, jusqu'au dernier moment, aura à se roidir contre cette démangeaison de le quitter, la maladie de son entourage. S'il n'ose pas s'opposer à sa retraite, il n'a pas non plus la force de dissimuler sou dépit, sa rancune profonde; et nuls doutes que ces dispositions hostiles n'aient dicté les ordres rigoureux que le résident de Francfort devait d'ailleurs entendre et exécuter à sa façon. Était-ce donc ainsi que devaient finir leurs relations? Et n'était-ce pas un étrange dénoûment à cette tendresse passionnée que l'on prétendait inaltérable ?
Tout roi qu'il fût et quelque magnifique qu'il crût avoir été, il restait le débiteur du poète, il demeurait son obligé, a Otez, a dit quelqu'un, de la vie de Frédéric le Grand la circonstance de ses liaisons avec Voltaire, et la renommée de Frédéric en sera diminuée*. » Avec Voltaire, en effet, disparaîtrait toute une face de cette remarquable figure. Qui pourrait nier qu'en jetant le nom du Gustave-Adolphe de la Prusse à tous les échos, en chantant son génie sur tous les modes, l'auteur de la Henriade n'ait puissamment aidé à l'expansion de cette gloire naissante? Mais il avait encore façonné l'écrivain, il avait appris à ce poëte inexpérimenté à manier cette langue française, la seule qu'il voulût parler, il avait corrigé sa prose
I . Senac de Meilhan, Le Gouvernement ^ les mœurs et les conditions en France avant la Révolution (Poulet-Malassis), p. 574.