‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 4 sur 342 · D'ARGENS · texte numérisé non relu

D'ARGENS

mitié et d'estime, c'était en lui adressant une de ces épttres en notre langue tant soit peu ternes, mais où ne faisaient défaut ni la philosophie, ni l'esprit, ni la malice. Tout cela explique, tout cela justifie l'étendue accordée dans ces études à cette période si brève mais si importante, mais si considérable dans la vie de l'auteur de la Henriade et de Mahomet.

Celui pour qui le roi se sentit le plus d'affection, après Jordan et KaiserUng, s'entend (mais ils n'étaient plus ni l'un ni l'autre à l'époque où Voltaire venait s'établir à Potsdam), envers le quel il se montra le plus généreux, ce fut le marquis d'Argens*. Fils aîné d'un procureur général au parlement d'Aix, dont il s'aliéna de bonne heure la tendresse par l'indépendance de s DU caractère autant que par des folies qu'il est juste de mettre sur le compte de l'âge, d'Argens eut la jeunesse la plus troublée, la plus accidentée : elle est tout un roman qu'il a pris soin de raconter lui même, et on rion ne manque, intrigues, voyages, aventures tragiques et galantes. Issu d'une famille parlementaire, destiné, dès en naissant, à être dérobe, il ne cacha pas son antipathie pour une profession qui cadrait peu avec son amour du plaisir, sa haine de toute contrainte : il fallut bien, à la fin, céder à ses importunités, à ses instances, et le placer auprès d'un de ses parents dans le régiment de Toulouse où, durant deux années, sa conduite fut à l'abri de tous reproches. Mais l'heure des passions avait sonné ; et, désormais, les folies allaient succéder aux folies. Notre officier, dans un congé, à

i. Jean-BapUsle de Boyer, né le 24 juin 1704.

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