‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 50 sur 342 · PARFAIT EXÉCUTANT · texte numérisé non relu

PARFAIT EXÉCUTANT

grande perfeclion^ II a Tembouchure admirable, beaucoup d'agilité dans les doigts, et un grand fond de musique. Il compose lai-mème ses sonales. J'ai eu l'honneur de me trouver plus d'une fois derrière lui dans le tems qu'il jouoit, et j'ai été enchanté de son goût, surtout pour l'adagio '. C'est une création continuelle de nouvelles idées *.

Chasot partageait son temps entre son régiment et la cour, ce quoique la règle soit d'être toujours à sa troupe*. » A la cour, c'était pour le chevalier des jours filés d'or et de soie, oii les heures s'écoulaient comme des instants. Il aimait un peu plus les femmes que ne les aimait son maître, et se livrait avec emportement

1 . La flûte était le seul instrument que soufl'rît Frédéric ù ses concerta ; les autres n'étaient que pour accompagner, ce qui avait fait dire plaisamment à un musicien de sa chapelle : « Si vous croyez que le roi aime la musique, vous vous trompez; il n'aime que la flùle; et encore n'aime-l-il que la sienne, d Fetis , Biographie universelle des musiciens (Didoi, 1862), t. 111, p. 328. Caslile-Blaze fait honneur du propos à Sébastien Bach. Revue de Paris (29 septembre 1833), t. LlV,p. 288.

2. Burney, dans le voyage musical qu'il fit en Allemagne longtemps après^ put assister à l'un de ces concerts; il donne les mêmes éloges au talent de virtuose de Frédéric. « Le concert commença, nous dit-il, par un concerto de flûte, dans lequel S. M. exécuta les parties récitantes, les solo avec une grande précision. Son embouchure est nette et égale, son doigté brillant, et son goût pur et simple. J'ai été aussi également charmé de la propreté de son exécution dans Vallegro que de son expression ou du sentiment qu'il met dans Vadagio, Elle surpasse en plusieurs de ces points essentiels tout ce que j'avais encore entendu d'amateurs et de nombre de professeurs. » Burney, the présent state of music in Germany the netherlands, and united provinces (London, 1773), vol. 11, p. 151, 152.

3. Baron de Bielfeld, Lettres familières (la Haye, 1763), t. I^ p. 79. Lettre VIII ; à Rheinsberg, le 30 octobre 1739.— - Nicolaï, Ànekdoten von Kônig Friedrich II von Preussen und von einigen Per- 4onen die um ihn warew (Berlin, 1790), second cahier, p. 247.

4. Duc de Luynes, Mémoires, t. XI, p. 380, 382, février 1752.

Page 1