SES CONCERTS
été composée des meilleurs musiciens de l'Europe. Le roi savait les règles de là composition et excellait sur la flûte traversière. Le matin, il composait lui-même sur le clavecin, pendant qu*on le frisait, tous les solos qu'il jouait ensuite en perfection sur la flûte... A Potsdam, le concert journalier se tenait dans un cabinet de vingt-quatre pieds de diamètre, un peu arrondi, dans les angles, de seize pieds jusqu'à la corniche, le tout en boiserie, avec de beaux compartiments magnifiquement dorés, une très-belle cheminée de marbre incarnat d'Egypte, et au milieu un superbe et très-grand lustre de cristal. Ce concert consistait en un seul premier et un second violon, (rarement le double) une basse de viole, un violoncelle, et pour clavecin un forte-piano de Silbermann, une flûte ou deux quand le roi jouait des trios avec Quanlz. Un ou deux castrati et de temps à autre une des meilleures chanteuses de l'Opéra recevaient ordre et une voiture du roi pour son voyage de Potsdam. L'on n'entendait dans ces concerts que des voix ou des flûtes; tous les autres instruments n'étaient que pour Tac compagnement ^.
La margrave de Bayreuth^, le baron de Bielfeld viennent confirmer ou compléter ces détails. Ce dernier, qui s'était trouvé avec Chasot, au séjour que firent en octobre 1739 Frédéric et la princesse royale à Rheinsberg, nous parle avec enthousiasme de ces solennités musicales, où c'était une grâce aussi rare qu'ambitionnée de se voir admis.
Les soirées, nous dit-il, sont consacrées à la musique. Le prince a concert dans son appartement, où personne n'entre qu'il n'y soit appelé, et c'est une faveur bien marquée qu'une pareille invitation. Il y exécute ordinairement une sonate et un concert pour la flûte, instrument dont il joue dans la plus
1. Blaze de Bary, Le chevalier de CAaso/ (Michel Lévy, 1862)^ p. 111 à 114.
2. Mémoires de Frédérique-Sophie-Willemiite de Prusse ^ margrave deBareith (Paris, 1811), t. H, p. 326, 327.