IL LE NOMME SON CHAMBELLAN
les avantages que j'avais intention de vous faire; de façon que c'est à vos propYes refus que vous avez lieu de vous en prendre, si votre intérêt n'a pas trouvé son compte à Berlin *... » Mais le roi lui garda son amitié et il le nommait, en 1747, chambellan et chevalier de l'ordre pour le mérite ^, en dépit des infidéUtés de l'éclectique Vénitien qui, quelque temps auparavant, s'était laissé faire a conseiller de guerre » par le roi de Pologne; ce qui, sans nul doute, mieux qu'autre chose au monde, accusait les idées pacifiques de la cour de Dresde ^. Les mécontentements, l'humeur ne pouvaient tenir devant cette inaltérable placidité, qui semblaitdistillerle miel. Sesmoiodres droits n'enétaient pas moins sauvegardés; il les eût à la première alarme défendus par une fuite soudaine, a Le comte Algarotti^ nous dit Formey, s'est toujours soutenu à la cour de Prusse par une conduite sage et par cette politique qui fait le fort de sa nation, mais qui étoit exempte de toute fausseté. Sa personne étoit aimable et spirituelle. Il m'a donné des marques d'estime et d'affection qui ne se sont pas démenties, et il est le seul des savans et en même temps courtisans d'alors à qui je puisse rendre ce témoignage *. »
1. Œuvres de Frédéric le Grand (Berlin, Preuss.), t. XVIH, p. 53. Lettre âe Frédéric à AlgarotU; Postdam, 10 août 1742.
2. W était revenu à Berlin vers la moitié, de mars; il fut créé chambellan le 1 1 ayril ; et, le 2 mai , les gazettes annonçaient que le roi lui avait conféré Tordre du Mérite.
3. Voltaire, OEuures complètes (Beuchot), t. XIII, p. 171. Épitre à M, le comte Algarotti, qui était alors à la cour de Saxe, et que le roi de Pologne avait fait son conseiller de guerre; à Paris, le 21 février 1747.
4. Formey, Souvenirs d'un Citoyen (Berlin, 1789), t. II, p. 216.