‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 88 sur 342 · LE ROST DU ROI · texte numérisé non relu

LE ROST DU ROI

accorder créance. La confiscation des bougies, que l'auteur des Souvenirs d'un Citoyen indique avec un laconisme perfide, a été également racontée par Thiébault, et d'une façon très-piquante. C'est une historiette qui fait le pendant au récit des contestations de Voltaire et d'Alliot, à la cour de Lorraine. Proi)ablement Frédéric, qui ne les avait pas ignorées, trouva plaisant et profitable d'en faire une seconde édition à Potsdam et à Berlin. Selon des arrangements consentis des deux côtés, Voltaire, à part sa pension, à part le logement dans les maisons royales, à la suite du prince, était défrayé de tout : bois de chaufiage, deux bougies par jour, tant de livres de sucre par mois, café, thé, chocolat et le reste. Il usait et se croyait en droit d'user largement d'une hospitalité qu'il n'avait acceptée qu'après bien des invitations et des prières. Il ne supposait pas qu'il y eût quelque indiscrétion à continuer sa vie de Paris, et à recevoir à sa table les nouveaux amis qu'il s'était faits. Formey, qui a amassé tant de fiel contre l'auteur de la Henriade, fut pourtant l'objet des avances les plus charmantes. Voltaire lui écrivait le 14 février 1751 : a Je vous demande en grâce, mousieur, de ne pas refuser aujourd'hui le petit dîner philosophique. Il faut absolument que nous mangions le rost du roi philosophe. Voyez si vous voulez que je vous envoyé un carrosse à deux heures précises. » La mois suivant, même invitation, et dans les mômes termes, «f Voulez-vous, monsieur, venir manger le rost du roi, aujourd'hnrjeudi, philosophiquement, et cfaairdement, et doucement, à deux heures. Deux philosopbes peuvent, sans être courUâans^ dîner dan» te

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