IL SE FAIT HOMME DE LETTRES
chanceux Tannée suivante ( 1734), il était culbuté par son cheval, à deux lieues de Worms, et cette malencontreuse chute le mettait à jamais hors d'état de continuer le service. Qu'allait-il faire? Il ne voyait guère d'autre issue à sa situation qu'un établissement, et il écrivit à ses parents qu'il leur serait obligé d'y penser sérieusement. Mais il trouva de ce côté peu d'encouragement, a Ma mère me répondit qu'elle ne s'opposait point à mon maiiage, mais que mon père nielle ne pouvaient me rien donner; que, n'étant pas d'humeur à planter des choux dans leurs terres, il leur fallait du bien pour vivre à la ville, ainsi qu'il convenait au rang que mon père y occupait; que, désormais, elle ne pouvait plus me donner que la moitié de la pension qu'on me faisait. Cette lettre me résolut entièrement à quitter le monde'... » Sans existence présente comme sans avenir, car il se savait deshérité au profit de son cadet, d'Argens, réduit à battre monnaie, se jeta dans les bras des libraires de Hollande pour lesquels il se mit à écrire sous le manteau une foule de petits livres, qui l'aidaient à vivre. C'est ainsi que parurent, en une même année, les Mémoires de la comtesse de Mirol^ les Mémoires de mademoiselle Mainvillej les Mémoires du marquis de Mirmon^ les Mémoires du marquis de Vandrille^ le Mentor cavalier^ qui, tous, à défaut de qualités éminentes, témoignaient d'une grande fécondité et de plus de connaissances que n'en comportent communément ces publications éphémères. Mais le marquis ne devait pas