EXPOSÉ DU PROCÈS
Berlin le protêt de ces mêmes lettres*? Cependant, il sentait que le poète était intéressé à ne pas laisser ébruiter une négociation de ce genre, et il essaya de rintimider, en menaçant de parler, quitte à se perdre tout le premier.
Là dessus, je lui dis que je ne pouvois laisser passer cette affaire sans me plaindre. Lui, pour m' apaiser, me dit qu'il bmi dédommageroit de tout, qu'il payeroit les frais du protêt et ceux de mon voyage. Quanta ma peine et à ma perte de temps, que je serois content ; qu'il vouloit commencer par m'acheter les brillans qu'il avoit eus à moi, pendant mon absence, les ayant déjà portés à Potsdam sur sa croix et sur son habit de tbéâtre.Effectivement, le jour de son arrivée à Berlin, il m'acheta pour trois mille écus de brillans, dont je lui rendis le surplus de la somme de quatre mille quatre cent trente écus, qu'il m' avoit assignés sur mon père. Nous nous donnâmes à cette égard réciproquement des quittances,'comme quoi nous n'avions plus rien à prétendre l'un de l'autre, touchant ces brillans , la lettre protestée et le tort infini que cela me fait dans mon commerce mis à part. Trois jours après ce marché fini, Yoltaxre^ me demanda encore des bagues pour la valeur de deux mille ëcus, et me dit de revenir dans quelques jours. Dans cet intervalle, il envoya chez moi pour me prier de lui céder quelques meubles. Là dessus je lui envoyai un grand miroir, et je me rendis chez lui pour le prier de finir le dernier marché, ou de rendre mes diamans. Le sieur YfiUaire enferma ce miroir dans
1 . Des lambeaux de correspondance n'édifient qu'imparfaitement «ur les procédés de Hirsch et les griefs de Voltaire/ « Il ne falloit pas promettre à trente-cinq louis — et ensuitte dire trente ; il ne falloit pas dire trente, et le lendemain Tingt-cinq. Il falloit ,. au moins, en donner au prix courant, quand on étoit sur les lieux, ce ■qui étoit très-aisé. Il ne falloit pas négocier de's lettres de change pour ne pas se pourvoir d'un seul diamant. — Il ne falloit pas dire : J'ay eu de Vargent de vos lettres de change et je ne vous raport€ rien , et je vous rendray votre argent quand vous ne serez pas ici, Touttes les démarches que tous avez faittes sont des fautes. Tâchez de les réparer, et surtout ne promettez jamais que ce que vous pouveï tenir. » Ferdinand Klein, Annalen der Gesetzgebung (BevMny Nicolat» 1790), t. V, p. 269, 260,