‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 98 sur 342 · PLAINTE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

PLAINTE DE VOLTAIRE

vraisemblable, et vient-elle éclairer ce passage d'une kttre de Voltaire à Frédéric jusqu'ici fort obscur : « J'ai eu le malheur d'être traité par Chasot comme le curé de Mecklembourg. On a dit alors que Votre Majesté ne souffrirait pas que je logeasse dans son palais de Berlin. Je n'ai pas proféré la moindre plainte contre Chasot. Je ne me plaindrai jamais de lui ni de quiconque a pu ^aigrir^•. » Voltaire, comme on le voit, ne parait pas se douter de ce qui a pu lui aliéner la bienveillance du chevalier; en tous cas, il saura oublier un procédé injuste.

C'est le poëte qui entame le procès. Il faut convenir que , si bien des misons étaient de nature à lui faire redouter une telle publicité, il y avait d'assez fortes sommes engagées et compromises peut-être. Tout,

d'ailleurs,danslaconduite du juif autorisait et les appréhensions les plus sérieuses et les mesures de sûreté les plus énergiques, comme cela se trouve surabondamment démontré dans les considérants du jugement^. Mais Voltaire ne s'endormait pas, et, le 10 décembre, le conseiller aulique Bell remettait sa plainte , contre le juif c< protégé » Abraham Hirsch, au grand chancelier qui, le 31 du même mois, ordonnait que les deux parties comparaîtraient, devant lui, le 4 janvier suivant (1751).

Mais c'est loin de suffire à Voltaire, qui s'inquiète, qui s'exalte à son ordinaire, et se met à écrire, en date

1. Voltaire, OEuvres complètes (Benchol), t. LVI, p. 60G. Lettre, de Voltaire à Frédéric, ce mardi (1751).

2. Ferdinand Klein, Annahn der Gesetxgebting (Berlin, Nicolaï 1790), t. V, p. 2G4, 2G5. Rationes dicendi.

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