CHÂSOT PRIS POUR ARBITRE
l'israélite, fût, à différentes reprises, convenu du fait devant la commission même; cette assertion, non-seulement devait demeurer sans preuves, mais encore être déclarée de tout point calomnieuse. « Quant à la spoliation et quant à la mise à la porte de la chambre, dont se plaignait le défendeur, il en a été débouté, parce que le témoin auquel il s'en rapporte, dépose que le demandeur a pris cette bague du consentement du défendeur \ » Ce ne sera pas Tunique fois, du reste, que Hirsch sera pris en flagrant délit de mauvaise foi et demensonge. Cette rencontre chezunlieutenant-colonel, qui n'est pas nommé, et où l'auteur de Mérope eût poursuivi l'estimable Hirsch, « le poing sous la gorge, » en le traitant de fripon, est très-réelle; Frédéric en parle dans une lettre à sa sœur, que nous citerons plus loin; et ce lieutenant-colonel, témoin de l'aventure, Ta racontée au duc de Luynes, qui n'a eu garde de ne pas l'enregistrer dans ses Mémoires au jour le jour. c( M. de Chasot* était, nous dit-il, à Berlin, dans le temps de l'afTaire de M. de Voltaire; il fut même pris pour juge entre lui et le juif; mais la vivacité de M. de Voltaire détermina M. de Chasot à ne plus entendre parler de cette affaire*. » Fort probablement, le chevalier qui était vif, lui aussi, ne se borna point à abandonner à eux-mêmes les deux contendants, et s'exprima sur l'emportement du poëte avec une certaine aigreur. Du moins cette supposition est-elle plus que
1. Ferdinand Klein, Annalen der Gesetzgebung (Berlin, NicolaY, 1790), t. V, p. 271. Rationes dicendi.