I.EUR NUIT SOUVENT AUX AFFAIRES, et CC SCroit
bien fort contre votre intention si celle que vous ïnontrez pour de Croze alloit par malheur procurer cet effet. J'apprends que les fugitifs , sur ce qu'ils ont connu sans doute que le bailliage de Gex inclinoit fort à l'indulgence pour le curé, étoient venus d'eux-mêmes se mettre en prison. Leur déclaration , s'ils étoient fortement pressés par le juge , comme ils dévoient l'être , et comme ils le seront ici à la Tournelle, serviroit beaucoup à éclaircir s'il y a eu préméditation et complot dans cette mauvaise action , comme j'ai lieu de le présumer par le guet que Duby faisoit à la porte de celte femme, et par une autre circonstance de fait encore plus grave.
L'affaire va bientôt venir à la Tournelle, où elle fera la matière d'une audience publique. C'est là qu'on peut donner des mémoires et dire tout ce qu'on jugera nécessaire à la défense de la cause. Celte audience est pour juger préalablement si le décret d'ajournement
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personnel contre le curé répond ou non aux qualités des charges. J'ai vu d'avance sur cette affaire M. le président de Rochefort, qui est le chef de la Tournelle. Je lui ai nettement exposé le fait tel qu'il est, et je lui ai remis tous les mémoires manuscrits et imprimés que j'avois là-dessus. Le S^ Decroze peut être certain que je suivrai son affaire et sans relâche.
Vous voudriez que Decroze fît assigner le père jésuite sur le refus d'absolution fait à sa fille. Cette démarche pourroit plus embarrasser Taffaire qu'elle n'y serviroit peut-être. La matière est fort délicate. Quoique la conduite du jésuite soit très-répréhensible , c'est peut-être ici un de ces cas où il devient très-difficile d'y mettre ordre. Je serois bien en peine de dire quelles peines les lois humaines peuvent infliger à un prêtre qui ne veut pas trouver sa pénitente en état d'être absoute^. La malice des hommes est au-dessus de leur sagesse : et il y a bien d'autres cas dont les lois ne sauroient venir à bout.
Je ne vous parle plus de Charles Baudy , ni des quatre moules de bois (lisez quatorze; c'est
' Mot remarquable dans la touche d'un parlementaire, surtout après tout le bruit fait par les corps de judicature pour refus de sacrements.
ET DU PRÉSIDENT DE BROSSES. iS/
"un chiffre que vous avez omis; nous appelions ce\di lapsus linguae^. J'ai peut-être même eu tort de vous en parler , car il est vrai que c'est Charles Baudy qui me doit, et que vous ne me devez rien, mais à lui, de qui je me ferai payer, et qui sans doute n'aura nulle peine à se faire aussi bien payer de vous. Si je vous en ai parlé, peut-être trop au long, ce n'a été que comme ami et voisin , en qualité d'homme qui vous aime et vous honore , n'ayant pu m'empêcher de vous représenter combien cette contestation îilloit devenir publiquement indécente , soit que vous refusassiez à un paysan le paiement de la marchandise que vous avez prise près de lui, soit que vous prétendissiez faire payer à un de vos voisins une commission que vous lui aviez donnée. Je ne pense pas qu'on ait jamais oui dire qu'on ait fait à personne un présent de quatorze moules de bois, si ce n'est à ua couvent de capucins^ .
J'ai l'honneur d'être, avec les sentimensles plus parfaits, Monsieur, etc.
* Dans tous ces préliminaires du procès Baudy , M. de Brosses conserve, ce semble, une attitude assez digne , et une convenance de langage remarquable.— -On ne trouve plus de lettres de lui à Voltaire j jusqu'en octobre de cette année.
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A M. LEBAULT %