ICONOGRAPHIE
Sous ce titre, nous ne prétendons pas énumérer toutes les toiles, statues, gravures et miniatures, représentant les comédiens dont nous nous sommes occupés au cours de notre étude. Nous nous bornons à citer les principales œuvres d'art qui pourront faire connaître au lecteur le physique, « les dons extérieurs » et les plus curieux costumes des interprètes de Voltaire.
Bellecour.
1. — Il existe à la Comédie-Française (cabinet de l'archiviste) huit petites gouaches de la suite Foëch, VVhirsker, dont l'une
(n" 429 du catalogue dressé par Mouval (1) ) donne un portrait de Bellecour dans le Dorante de la Somnambule, comédie en un acte par Pont de Veyle.
II, — Une gravure en couleur de la série des Janinet (petits costumes) représente Bellecour dans le lietouv imprévu, comédie en un acte par Regnard. Habit à la française rose, brodé d'or, gilet débraillé, perruque à catogan poudrée, bas de soie blancs, souliers à boucles en brillants. L'artiste a les poings sur la hanche et s'écrie : « Que veut donc dire ce tintamarre-là ! » (Scène xxii.)
Celte gravure est reproduite à peu près exactement dans la suite Foëch, Basle, Whirsker, qui illustre les Souvenirs et regrets du vieil amateur dramatique.
m — Dans cette suite Foëch, Basle, Whirsker, nous relevons :
a) Bellecour dans le Joueur (rôle de Valère, acte IV, scène xiii). Habit à la française, bas de soie blancs, souliers à boucles, épée, tricorne sur la tête.
b) Bellecour dans le même rôle, dans le même costume et dans la même scène, donnant la réplique à Préville (rôle d'Hector).
c) Bellecour dans VfEdipede Voltaire (rôle de Philoctète, acte II, scène iv). Habita la romaine en soie brodée, doublé d'une étoffe tigrée. Cothurnes, coiffure surchargée de plumes. Un arc dans la main gauche ; un carquois suspendu à l'épaule. C'est le seul portrait de Bellecour dans un rôle tragique que nous connaissions.
d) Bellecour dans le Tambour nocturne, comédie en cinq actes par Destouches (rôle du marquis). Habit à la française en soie « damier », gilet à fleurs. Perruque à catogan poudrée, tricorne sous le bras, épée. L'artiste donne la réplique à Préville (rôle de M. Pincé).
e) Bellecour dans le Procureur arbitre, comédie par Ph. Poisson (rôle d'Ariste). Costume tout en soie noire. Robe d'homme de loi sur les épaules. L'artiste donne la réplique à Armand (rôle de M. de Verdac) et à Dauberval (rôle de M. Desquivas).
/) Bellecour dans le Barbier de Scville (rôle du comte, acte II, scène ivj Costume décrit par Beaumarchais. L'artiste donne la réplique à M"'' d'Oligny (rôle de Rosine) et à des Essarts (rôle de Bartholo).
(1) Les collecLlons de la Comédie-Française. Catalogve historique et raisonné, par G. MonvaL Paris, 1897, un vol. in-4.
Brizard.
I. — Peinture sur toile (li. l"0o, 1. 0'"87) par Louis Ducis : Brizard dans Œdipe chez Admète (mi-corps). On lit les vers suivants sur un cartouche au bas du tableau :
Aux yeux d"un peuple qu'il enchante,
Brizard sous ces traits imposants Rend le malheur auguste et la vertu touchante. Il puise dans son cœur ces tragiques accents. Une heureuse nature a dans son caractère
Mis son talent et son bonheur.
Pour en faire un sublime acteur, Elle la fait tendre époux et bon père.
Cette œuvre se trouve à la Comédie-Française dans l'antichambre du Comité. (Catalogue de M. Monval, n° 333.)
II. — Peinture sur toile par Guiard : Brizard dans le Roi Lear, tragédie par Ducis (mi-corps). L'artiste est assis, les habits en désordre, les cheveux épars, et semble regarder l'horizon.
Ce tableau appartenait à M"« d'Angiviller ; nous ignorons où il se trouve actuellement.
III. — Gouache par Foëch (h. 0,08, 1. 0,06) : Brizard dans le rôle d'Eustache de Saint-Pierre du Siège de Calais. Il donne laréplique à Lekain.
Cette miniature se trouve à la Comédie-Française, au foyer des travestissements. (Catalogue de M. Monval, n° 209.)
IV. — Parmi les huit petites gouaches de Foëch-Whirsker qui ornent à la Comédie-Française le cabinet de l'archiviste, on remarque :
a) Brizard (Agamemnon) donnant la réplique à Lekain (Achille). (Catalogue de M. Monval, n° 428.)
h) Brizard (Mithridate) donnant la réplique à Lekain fPharnace^ et à Mole (Xipharès). (Catalogue de M. Monval, n'^ 434.)
V. — Gravure d'après le tableau de Guiard, par J.-J. Avril. On lit au-dessous de la gravure :
« 0 ! la douce lumière ! »
VI. — Gravure par Delafosse d'après une aquarelle de L.-C. Carmontel : Brizard dans le rôle de Narbas. L'artiste est vu de profil devant un mausolée ; il est vêtu d'une ample robe bordée de fourrures, qui s'ouvre sur un large vêtement de soie. On lit audessous de la gravure :
Jean-Baptiste Brizard, peasionnaire du roi.
né à Orléans au mois d'avril 1721, a débuté en 1757 et a été reçu en
0 mon maître, ô cendres que j'adore ! {Mérope, III, se. ii.)
Se vend à Paris, chez Delafosse, rue du Vieux- Colombier, près du séminaire Saint-Sulpice.
Vil. — Gravure en couleur par Janinet (série des portraits d'acteurs) d'après Dutertre : Brizard dans le vieil Horace. Cuirasse, manteau de pourpre, cheveux blancs épars. Le personnage se détache sur une toile de fond, représentant une colonnade. On lit au-dessous de la gravure :
Que vouliez-vous qu'il fit contre trois ?
— Qu'il mourût !
VIII. — Gravure en noir, à peu près semblable à la précédente, sans fond, par Janinet, d'après un dessin de Bertaux (1786).
IX. — Dans la suite Foëch, Basle, Whirsker, qui illustre les Souvenirs et regrets du vieil amateur dramatique, non?, relevons:
a) Brizard dans Mahomet (rôle de Zopire, acte II, scène v). Robe garnie de fourrures. Gilet et pantalon bouffant en soie. L'artiste donne la réplique à Lekain (Mahomet).
b) Brizard dans Mélanide (rôle du marquis, acte V, se. ii). Habit à la française. L'artiste donne la réplique à Mole (Darviane).
c) Brizard dans Tancrède (rôle d'Argire, acte IV, se. vi). Habit dentelé, culotte courte, manteau en forme de pèlerine, bottes. L'artiste donne la réplique à M"° Clairon (Aménaïde) et à M*"^ Grandval (Fanie).
d) Brizard dans Atlialie (rôle de Joad, acte V, se. v). Robe à franges, serrée à la taille par une ceinture, long manteau traînant à terre, petit chapeau pointu avec un large ruban fixé au sommet. L'artiste donne la répliquée M""= Dumesnil (Athaiie).
e) Brizard dans Mérope (rôle de Narbas, acte III, se. iv). Manteau flottant, culotte courte, jambes nues, cothurnes, longs cheveux épars. L'artiste donne la réplique à M"'' Dumesnil (Mérope) et à Mole (Eghiste).
/) Brizard dans i'Or/j/ze/i/j (rôle de Zamti, acte V, se. v). Robe courte dentelée, tombant sur une longue jupe, ceinture. Plaque de métal avec .dragon sur la poitrine. L'artiste donne la réplique à M'"* Raucourt (Idamé).
Clairon
Les statues et les portraits de M'"' Clairon (gravures et peintures)
APPENDICE 3i;j
soDt fort nombreux. Nous citons les principaux et nous renvoyons le lecteur à l'iconographie quasi complète dressée par Ed! deGoncourt, à la suite de son volume sur la tragédienne.
I. — Peinture de Carie Vanloo : M"° Clairon dans Médée. L'actrice est représentée assise dans un char magique, tenant une torche d'une main, un poignard de l'autre, et montrant à Jason ses enfants égorgés.
Cette œuvre de Vanloo avait été commandée par la princesse de Galitzin pour en faire présent à la divine Electre.
Louis XV, grand admirateur de cette toile, offrit à M"« Clairon d'en payer le cadre, qui coûta 5000 livres.
Le tableau, qui appartint quelques années au margrave d'Anspach, se trouve présentement à Berlin, dans un des palais de l'empereur.
IL — Esquisse peinte par Vanloo : M»'' Clairon en Médée. Ce tableau se trouve au musée de Saint-Quentin, et fait partie des toiles léguées par Latour à sa ville natale.
IIL — Toile ovale (h. 0.9o, 1. 0,75), d'un auteur inconnu : M"« Clairon en tunique blanche, avec un manteau rouge et tenant un sceptre à la main. Ce tableau, de facture médiocre, se trouve à la Comédie-Française, au foyer des comédiens. (Catalogue de M. Monval, n» 175.) Il faisait partie de la collection formée par La Rive dans son hôtel du Gros-Caillou.
IV. — Gouache par Foëch : M'"' Clairon dans Pulchérie d'Heraclius. Ce tableau se trouve à la Comédie-Française, à la régie. (Catalogue de M. Monval, n° 407.)
V. — Dessin de Carie Vanloo aux deux crayons sur papier gris (h. 0,50, 1. 0,35). M»« Clairon (tête) dans le rôle de Médée. Même pose et même costume que dans le tableau actuellement à Berlin. Ce dessin se trouve à la Comédie-Française, au foyer des travestissements. (Catalogue de M. Monval, n° 195.)
VI. — Buste par Jean-Baptiste Lemoine (marbre blanc) : <( Le ce portrait de M"* Clairon, sous l'idée de Melpomène invoquant « Apollon ». Tête couronnée de lauriers. Tunique découvrant la poitrine. Ce buste se trouve à la Comédie-Française, au foyer des comédiens. (Catalogue de M. Monval, n» 179.)
VII. — Médaillon ovale par Louis Noël (plâtre). Effigie de Mlle Clairon. Ce médaillon fut exécuté pour être reproduit et placé sur le tombeau de l'actrice, au Père-Lachaise. Comédie-Française, galerie des archives. (Catalogue de M. Monval, n° 492.)