‹ Voltaire et les comédiens interprètes de son théâtreChapitre 49 sur 71 · A MADAME LA COMTESSE DU BARRI · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE DU BARRI

par son très humble et très obéissant

serviteur Lingée.

Chez M. Buldet, rue de Gesvres.

VI. — La même gravure, dans un cadre carré, sans médaillon, sans ornements, sans armes et sans dédicace. Au-dessous les vers suivants :

LAmoui" sut réunir sur ce front si charmant

Et la grâce française et la fierté romaine :

Sa main, formant tes traits sur ceux de Melpomène,

Donne à leur moindre mouvement

La nuance d'un sentiment.

Raucourt, quand tu nous peins la vertu la plus pure, Ton modèle est ton cœur, ton art est la nature.

VII. — Gravure par G. Malopeau (1799). Grand in-folio. Mlle Raucourt dans le rôle de Médée. Cadre ovale. La tragédienne (mi-corps) est représentée avec un diadème, une toge flottante, serrée à la taille par une ceinture en métal. Baguette magique dans

la main. En dessous de la gravure, une lyre et l'inscription suivante :

F. Raucourt de la Comédie-Française dans Médée.

VIII. — Gravure non signée, cadre carré. M"^ Raucourt dans le rôle de Médée. Même costume que dans la gravure précédente. Légères différences de détails. Au bas de la gravure les vers suivants :

Hécate le désire et je te le commande. Nuit, Styx, Hécate, Enfer, terribles déités. J'ordonne ; obéissez !

IX. — Gravure en couleur par Janinet (série des portraits d'acteurs). M"^ Raucourt dans Héraclius, rôle de Léontine. Manteau rouge bridé d'or ; tunique rose relevée, laissant voir une jupe rouge bordée de noir. Voile de crêpe noir dans les cheveux. En dessous de la gravure, ce vers d'Héraclius :

Devine, si tu peux, et choisis, si tu l'oses !

X. — Gravure en couleur par Ruotte, d'après le portrait de M"« Raucourt par Gros.

XI. — Dans la suite Foëch, Basle, Whirsker, qui illustre les Souvenirs et regrets du vieil amateur dramatique, nous relevons :

M"« Raucourt dans V Orphelin delà Chine (rôle d'Idamé, acteV, se. v). Jupe en soie pékin, paniers en soie à bouquets. Corsage brodé à larges manches. Cheveux poudrés, empanachés de plumes. L'artiste donne la répliquée Brizard (Zamti).

Sarrazin.

Les portraits de Sarrazin sont fort peu nombreux ; nous ne voyons ii signaler que :

I. — Dans le tableau de Lancret « Le Glorieux t>, que N. Dupuis a gravé, le personnage de Valère, auquel le peintre a prêté les traits de Sarrazin. L'acteur porte un riche habit à la française, un gilet de soie à fleurs, une perruque à catogan, avec une bourse de soie noire.

II — Une gravure en couleur par Janinet (série des petits costumes) : Sarrazin dans Phèdre (rôle de Thésée). Habit à la romaine rouge, cuirasse à écailles, peau de bête sur les épaules,

cothurnes. Comme coiffure, l'artiste porte une tête de lion surchargée de plumes blanches et rouges.

Saint-Val l'aînée.

I. — Buste parRicourt: M"" Saint- Val l'aînée dans Mérope. Ce buste se trouve à la Comédie-Française, dans la galerie conduisant delà scène à la salle. (Catalogue de M. Monval, n» 223.)

II. — Dans la suite Foëch, Basle, Whirsker, qui illustre les Souvenirs et regrets du vieil amateur dramatique, nous relevons :

a) M"" Saint- Val l'aînée dans Rbadamiste et Zénobie (rôle de Zénobie, acte III, se. v). Robe à paniers et à retroussis, garnie de larges passementeries et de glands. Cheveux poudrés ornés de plumes. L'artiste donne la réplique à Lekain (Rhadamisle).

Il existe une gravure non signée, de format plus grand, reproduisant cette scène. Sur cette dernière estampe, M"" Saint- Val porte une coiffure différente : c'est un véritable échafaudage, composé de trois bourrelets en cheveux, sur lesquels sont disposées une couronne, de grandes plumes et des tresses à glands d'or.

A) M"** Saint- Val l'aînée dans Andromaque (rôle d'Andromaque, acte!, se. iv). Robe à paniers en soie noire, cheveux poudrés d'oîi tombe un voile de crêpe noir. L'artiste donne la réplique à Mole (Pyrrhus).

Saint- Val cadette.

I. — Buste en marbre attribué à Vassé fils. Ce buste se trouve à la Comédie-Française, dans la galerie conduisant de la scène à la salle. (Catalogue de M. Monval, n' 226.)

II. — Mauvaise petite gravure en couleur, non signée. Buste de profil dans un médaillon.. Couronne d'or dans les cheveux, plumes blanches et voile de gaze bleue Corsage vert. Repentirs tombant sur la poitrine. En dessous de la gravure :

Mlle Saint -Val cadette.

Seine.

I. — Peinture par Aved : M"" de Seine dans le rôle de Didon. La tragédienne est représentée avec un diadème et un manteau dégrafé, laissant voir le sein gauche. Elle s'appuie à une sorte de balcon, sur lequel se trouve un casque. Au fond, l'on aperçoit des vaisseaux. Ce tableau, qui fut exposé au Salon de 1737, est aujourd'hui perdu.

IL — Peinture par Ch. Chaplin (1853). Toile ovale (h. 110, 1. 0,80) : M'"* de Seine d'après un portrait du temps. Ce tableau se trouve à la Comédie-Française (palier de l'escalier de l'administration). (Catalogue de M. Monval, n° 96.)

III. — Gravure par Lépicié d'après le portrait d'Aved. Cadre ovale, sur lequel on lit : « Catherine de Seine, épouse du S"" Dufresne ». Sous la gravure, les vers suivants :

L'art ne vous prête point sa fidèle imposture ; Dufresne, vos attraits, vos talents enchanteurs,

N'ont jamais dû qu'à la nature Le don de plaire aux yeux et d'attendrir les cœurs.

Vestris.

I. — Peinture par S.-B. Lenoir (toile, h. 0,90, 1. 0.70) : M""* Vestris dans le rôle d'Electre. Robe à paniers. Corsage avec une sorte de fichu croisé à la Charlotte Corday. A la taille, ceinture de fer, où s'accrochent des chaînes qui lient les poignets de la tragédienne. Cheveux poudrés. Longs repentirs tombant sur la poitrine. Ce tableau se trouve à la Comédie-Française, au foyer des comédiens. (Catalogue de M. Monval, n° 158.)

II. — Gravure faisant partie des quatre cents pièces des costumes français par Desrais, Watteau fils et Leclère, dédiées à Marie- Antoinette : M"* Vestris couronnant Voltaire. L'actrice dans son costume d'Irène (ample robe de brocart à paniers, fichu noué sur les seins, coilïure poudrée avec couronne et panache de plumes) couronne de lauriers l'auteur de Zaïre, qui, le dos courbé par l'âge, s'appuie sur une canne. A la gauche de ce groupe, au troisième plan, un mausolée en forme de pyramide, orné de trois bustes, parmi lesquels on distingue ceux de Racine et de Rotrou. Une colonne à droite, au premier plan ; des cyprès dans le fond, du même côté.

En dessous de la gravure, les vers de M. de Saint-Marc, lus par Mme Yestris le jour du couronnement de Voltaire à la Comédie- Française.

III. — Gravure en couleur par Janinet (série des portraits d'acteurs) : Mme Vestris dans Gahriel/e de Vergy, tragédie par de Belloy (rôle de Gabrielle). Robe Louis XVI en soie blanche ; ceinture rose. L'actrice s'appuie de la main droite aune table, sur laquelle se trouve une coupe contenant le fameux cœur. De la main gauche M"« Vestris tient un billet. Sous la gravure, les deux vers suivants :

Mon cœur est plus heureux, il reste auprès de toi. Allons, voici la fin de mon alTreux supplice.

IV. — Gravure en couleur par Janinet (série des petits costumes); Mme Yestris dans Jeanne de Naples, tragédie par La Harpe (rôle de Jeanne). Robe Louis XVI rose, garnie de perles blanches. Cheveux poudrés avec coiffure de plumes et de rubans.

V. — Gravure en couleur par Janinet isérie des petits costumes) : M'°'= Vestris dans Polyeucte (Pauline). Robe à l'antique blanche, ornée de grecques et de franges dorées. Manteau semblable. Bras nus chargés de bracelets.

VI. — Dans la suite Foëch, Basle, Whirsker, qui illustre les Souvenirs et regrets du vieil amateur dramatique , nous relevons :

Mme Vestris dans Sémiramis (rôle d'Azéma,acte V, se. vi). Robe à paniers en soie, ornée de grecques et de franges dorées. Cheveux poudrés et couronne de fleurs. L'artiste donne la réplique à Lekain (Ninias).

(Le couronnement de Voltaire par les comédiens-français.) I. — Dessin à la plume et au crayon par Gabriel de Saint-Aubin (15 août 1778) : Voltaire couronné dans sa loge par Brizard et par M"!^ Vestris. On aperçoit l'extrême gauche de la scène. Le rideau est baissé. Sur les colonnes d'ordre corinthien qui soutiennent le « cadre », sont inscrits les titres des tragédies de Voltaire avec leurs dates, souvent inexactes Dans lavant-scène des secondes, l'auteur de Zaïre, couronné par les deux acteurs, se penche pour remercier la foule qui l'acclame.

Sous ce dessin, les vers suivants écrits à la main, très peu lisiblement :

Adieu, mon cher Tibule, autrefois si volage,

Mais toujours chéri d'Apollon, Au Parnasse festé, comme au bord du Lignon,

Et dont l'amour a fait un sage.

Des Champs Elyséens. adieu pompeux rivage. De palais, de jardins, de prodiges bordé. Qu'ont encore embelli pour l'honneur de notre âge Les enfants d'Henri IV et ceux du grand Condé. Combien vous m'enchantiés, Muses, grâces nouvelles,

Dont les talents et les écrits

Seraient de tous nos beaux esprits

Ou la gravure ou les modelles.

396 APPEiNDICE

Que Paris est changé ! Les Welches n'y sont plus.

Je n'entends plus siffler les ténébreux reptiles,

Ces tartufes affreux et ces violents zoïles.

J'ai passé de la terre, ils étaient disparus.

Mes yeux après trente ans n'ont vu quun peuple aimable,

Instruit, mais indulgent, doux, vif et sociable.

Peuple né pour aimer. L'élite des François

Est l'exemple du monde et vaut tous les Anglois.

De la société les douceurs désirées

Dans vingt États puissants sont encore ignorées.

On les goûte à Paris, c'est le premier des arts.

Peuple heureux, il naquit, il règne en vos remparts.

Je m'arrache en pleurant à son charmant empire.

Je retourne à, ces monts, qui menacent les cieux,

A ces antres glacés où la nature expire.

Je vous regretterais à la table des dieux.

Ce dessin se trouve au musée du Louvre, collection des dessins, salle X.

II. — Gravure par C.-E. Gaucher, d'après un dessin de J.-M. Moreau le jeune : Hommages rendus à Voltaire sur le Théâtre-Français le 30 mars 1778, après la sixième représentation d'Irène.

Sous la gravure les armes des de Villette et la dédicace suivante :

A Madame la marquise de Villette.

Nous avons décrit cette estampe au § 5 de notre dernier chapitre.

III. — La même gravure, sans armes et sans dédicace. En bas, sur une tablette, les lignes suivantes :

« Persécuté par le despotisme et la superstition, qu'il ne cessa de « démasquer et de combattre, Voltaire, après un exil de quarante « années, reparut triomphant au milieu de sa patrie, et Paris « enchanté lui décerna la couronne civique, présage des honneurs « que la nation rendit depuis à ce grand homme, en ordonnant « que ses cendre fussent déposées au Panthéon français. »

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