Moniteur du 15 octobre
« Moraliste profond, apôtre de la liberté et de l'égalité... c'est à Rousseau que nous devons cette régénération salutaire qui a opéré de si heureux changements dans nos mœurs, dans nos coutumes, dans nos lois, dans nos esprits, dans nos habitudes.
« Au premier regard qu'il jeta sur le genre humain, il vit les peuples à genoux, courbés sous les sceptres et les couronnes...
« Le germe de ses écrits immortels est dans cette maxime, que larai&on nous trompe plus souvent que la nature. Fort de cette maxime, il a combattu le préjugé, il a ramené la nature égarée... et le lait de la mère a coulé sur les lèvres de l'enfant.
« Enfin, comme si Rousseau eût été l'ange de la liberté et que toutes les chaînes eussent dû tomber devant lui, il a brisé les langes mêmes de l'enfance, et à sa voix l'homme a été libre depuis le berceau jusqu'au cercueil... etc. »
Enfin, pour que rien ne manquât à cette fête, l'inévitable h^'mne de circonstance, versifiée par M.-J. Ghénier et musiquée par Gossec, entonna un véritable et délirant dithyrambe en l'honneur du citoyen de Genève ; la pièce est assez curieuse et vaut la peine d'être transcrite ici.