‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 115 sur 154 · LES JEUNES GENS · texte numérisé non relu

LES JEUNES GENS

Combats toujours la tyrannie

Que fait trembler ton souvenir ;

La mort n'atteint pas ton génie,

Ce flatnbeau luit pour l'avenir.

Ses clartés pures et fécondes

Ont ranimé la terre en deuil.

Et la France, au nom des deux mondes,

Répand des fleurs sur ton cercueil.

LE CUŒUn.

0 Rousseau ! etc.

E finita la commcdia.

La conclusion de tous ces discours, de toutes ces fêtes on l'honneur du patriarche de Ferney et du citoyen de Genève est logique et s'impose par la force même de l'évidence et l'insistance des hommes de la Révolution,

personnifiés dans et par l'Assemblée nationale et la Convention :

La Révolution française est la IIé\'Olution; Voltaire ET Rousseau sont ses prophètes et ses apôtres.

C'est ce que nous voulions démontrer, et nous croyons l'avoir fait d'une façon claire et irrésistible dans ces pages qui ont pour titre : Voltaire et Nousseau jugés lun par r autre.

JUGÉS L'UN PAR L'AUTRE ISl

VULTÂIUE ET ROUSSEAU

DEVAIT Li:S RÉVOLUTIO»AlUES, LES UÉ1»UBLICAI>S ET LES PHILOSOPHES DE NOTRE TEMPS

M. Louis Blauc. — Voltaire devant le peuple, devant les rois, devant les prêtres. — Voltaire fvit-il l'ami du peuple ? — Aveux précieux à recueillir. — Voltaire courtisan. — Audace et pusillanimité. — J.-J. Rousseau et ses écrits. ^- Le nicaire savoyard et le citoyen de Genève. — Voltaire et Frédéric de Prusse. — ^I. Th. Lavallée. — Véritable Lut de Voltaire et de Rousseau. — Un portrait de fantaisie du citoyen de Genève. — Apothéose du xvm" siècle. — M. Villemain. — Caractère tout politique des premiers écrits de Rousseau. ^ Sa puissance sur la Révolution française. — Le Vicaire savoyard. — JI. Sainte-Beuve. ^ Ce cju'il dit de Voltaire.

Après avoir vu ce que rAssembléc nationale de 171)0 et la Convention de 1794 pensaient du rôle de Voltaire et de Rousseau à l'égard de la Révolution française, il n'est pas sans intérêt, il est même de la plus grande utilité de reproduire ce 'que les révolutionnaires, les républicains et les philosophes de nos jours ont pensé et écrit de ces deux hommes néfastes. Après tout à l'heure un siècle de révolutions terribles, oîi en est l'opinion des apôtres des temps modernes à l'égard du patriarche de Ferney et du citoyen de Genève?...

M. Louis Blanc, qui publiait en 18471e premier volume de son Histoire de la Révolution française^ a consacré un long chapitre ' à Voltaire et à Rousseau. Dans ces pages empreintes du lyrisme familier à leur auteur et où il y a plus de rhétorique que de logique, Voltaire est présenté devant le peuple, devant les rois, devant les prêtres.

Voltaire fut-il donc vraiment Tami du peuple? Pas plus que tous les révolutionnaires passés, présents et à venir; ces gens-là n'aiment qu'eux seuls, ne cherchent que leur intérêt et n'ont jamais fait autre chose que de mépriser et d'insulter les masses, c'est-à-dire les petits et les pauvres. Ceci est surtout vrai de Voltaire.

« Non, — s'écrie M. Louis Blanc, — Voltaire n'aima point assez le peuple "-. »

Assez est de trop ; la vérité est celle-ci : « Voltaire n'aima point le peuple. »

« Qu'on eût allégé le poids de leurs misères à tant de travailleurs infortunés, Voltaire eût applaudi sans nul doute, par humanité, mais sa pitié n'eut jamais rien d'actif et qui vînt d'un sentiment démocratique ; c'était une pitié mêlée de hauteur et de mépris. Ouvrez sa Correspondance : l'aristocratie de ses dédains y éclate à chaque page : « On n'a jamais prétendu éclairer les cor- (( donniers et les servantes ^. »

« Il me revient que cet Orner est fort méprisé de tous les gens quipensent. Le nombre estpetit, je l'avoue, mais il sera toujours respectable. C'est ce j^etit nombre qui fait le public; le reste est le vulgaire. Travaillez donc

1. Li\Te III, chapitre i". Guerre! à l'Église... Voltaire , p. 35:2- 422, passim.

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