‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 141 sur 154 · Grenoble, 21 ,ioût · texte numérisé non relu

Grenoble, 21 ,ioût

pris leur parti; cela m'a forcé de prendre le mien ; je renonce, pKi'sq h' ils le veulent, aux charmes du repos, aux amusements de la botanique... Puisqu'ils veulent que je sois tourmenté, autant que je me tourmente à courir le monde que de leur laisser tendre leurs embûches à leur aise dans les lieux où ils verraient que je veux me fixer., . Mes persécuteurs m'ont jugé par eux : ils ont pris 7na douceur pour de la faiblesse : ils auront le temps peut-être de connaître qu'ils se sont trompés. » .

Dix ans après, dans la dernière année de son existence, Rousseau semble s'être calmé et se réconcilier avec les hommes, mais il fait toujours ses réserves, s'entoure de précautions minutieuses plus dignes d'un homme de chicane que d'un véritable philosophe. Ainsi il écrit à M. le comte Duprat * : « Vous rallumez, monsieur, un lumignon presque éteint ; mais il n'y a plus d'huile à la lampe, et le moindre air de vent peut l'éteindre sans retour. Autant que je puis désirer quelque chose encore dans ce monde, je désire d'aller finir mes jours dans l'asile aimable que vous voulez bien me destiner; tous les vœux de mon cœur sont pour y être...

« Je n'ai nul éloignement pour les précautions qui vous paraissent convenables pour éviter trop de sensation. Je n'ai nulle répugnance à aller à la messe; au contraire, dans quelque religion que ce soit, je me croirai toujours avec mesfi'ères, parmi ceux qui s'assemblent pour servir Dieu. Mais ce n'est pas non plus un devoir que je veuille m'imposer, encore moins de laisser croire dans le pays que je suis catholique. Je désire assurément fort de ne pas scandaliser les hommes; mais je désire encore plus de ne jamais les tromper. »

Plus d'un mois se passe, mais déjà Rousseau a changé

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