‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 146 sur 154 · FREDERIC · texte numérisé non relu

FREDERIC

1. Né eu 169i, Vûltaiiv avait alor^ oinquaute-?oj;it ans. ■2. A Pots.lani.

Certes, c'est là un congé en forme ; on ne peut s'exprimer avec plus de franchise.

Nous n'avons pas la lettre que Voltaire écrivit au roi, et nous ignorons quelle influence puissante il fit valoir en ces circonstances ; ce que nous savons, c'est que Frédéric, quatre jours après ', consentit à se montrer moins rigoureux à son égard, mais cependant avec des conditions très-formelles et qui durent paraître bien pénibles à la vanité de Voltaire :

a Si vous voulez venir ici, vous en êtes le maître... J'espère que vous n'aurez plus de querelle ni avec le Vieux n[a.Yec leNouveau Testament ^ ; ces sortes de compromis sont flétrissants, et avec les talents du plus bel esprit de France, vous ne couvririez pas les taches que cette conduite imprimerait à la longue à votre réputation... J'écris cette lettre avec le gros bon sens d'un Allemand, qui dit ce qu'il pense, sans employetr de termes équivoques et de flasques adoucissements qui défigurent la vérité ; c'est à vous d'en profiter.

H Frédéric. »

Voltaire ne tarda pas à se rendre à Potsdam, mais à peine y est-il que, loin de renoncer — ne fût-ce que par politique — à ses jalousies dont Frédéric l'a si justement tancé, il s'empresse d'écrire à d'Argental ■' :

« D'Arnaud, animé du vrai désir de la gloire, n'ayant pu encore se faire un nom assez illustre par ses immortels ouvrages , s'en est fait un par son ingratitude envers moi et par ses procédés. Il s'est lié avec les Frérons; et que de belles nouvelles envoyées de canaille en canaille ! A entendre ces beaux messieurs, j'avais perdu

Page 1