A Dalembert, lU juillet
3. Cet archevêque de Paris avait, daus son maiideuient très-éloqueut, condamué le livre de YEinile (1762, iu-4o). Rousseau répondit au prélat par une lettre aiusi intitulée : J.-J. Rousseau, citoyen de Genève, à Christophe de Benumont, archevêque de Paris, etc. (1763, iu-80.)
4. Allusion aux Lettres de la montagne, que Rousseau venait de publier. «C'est — écrit Voltaire (à d'Argental , 23 décembre 1764) — uu gros livre bien ennuyeux pour toutes les monarchies, et qui ne peut guère être lu que par des Genevois,.. Il y souffle le feu de la discorde; il excite tous les petits ordres de ce petit État les uns contre les autres; et, à la première lecture, ou a cru qu'il y aurait une guerre civile. Pour moi, je crois qu'il n'y aura rien et que le tocsin de Rousseau ne fera pas uu bruit dangereux. S'il y a quelques coups de poing donnés, je ne manquerai pas de vous en avertir, soit pour vous amuser, soit pour vous prier d'engager M. le duc de Prasliu à mettre le holà. »
tirera quelque méchante affaire. Il n'est ni philosophe ni honnête homme ; s'il l'avait été, il aurait rendu de grands services à la bonne cause ^
« Les gens de bien — écrit-il encore à Damilavillc ^ — doivent savoir que Jean-Jacques a fait un gros libelle ^ contre la parvulissime république de Genève, dans l'intention de soulever le peuple contre les magistrats. Le conseil de Genève est occupé à examiner le livre et à voir quel parti il convient de prendre.
« Dans ce libelle, Jean-Jacques, fâché qu'on ait bridé Emile, m'accuse d'être l'auteur du Sermon des Cinquante '\ Ce procédé n'est pas assurément d'un philosophe ni d'un honnête homme... Vous remarquerez que, pendant que Jean-Jacques faisait cette belle manœuvre à Genève, il faisait imprimer le Sermon des Cinquante et d'autres brochures par son libraire d'Amsterdam, Marc Michel Rey, sous le titre de Collection complète des Œuvres de M. de V. Cela peut être adroit, mais cela n'est pas honnête.
« Mon cher frère ^ avait bien raison de me dire, quand Jean-Jacques maltraita si fort les philosophes dans son roman A' Emile, que cet homme était l'opprobre du parti... Le sang que Jean-Jacques a dans les veines est un composé de vitriol et d'arsenic. Je le crois un des plus malheureux hommes qui soient au monde parce qu'il est un des plus méchants. »
Oui, Voltaire, — quoi qu'il en dise et en dépit du grief de diflamation qu'il veut intenter à cet égard, — Voltaire