Hist. de J.-J. Rousseau, p
lorsqu'il rechercha Rousseau : que jamais deux personnages ne se convinrent moins que Jean-Jacques et Hume.
Hume était Écossais. H eut de bonne heure un goût prononcé pour la littérature et la philosophie : comme on le voyait sans cesse à l'étude, on le crut propre au barreau ; ensuite on lui persuada de se destiner au commerce, et bientôt on le fit partir pour Bristol en le recommandant à de riches négociants de cette ville. Mais, se sentant pour cette carrière une aversion qu'il ne pouvait surmonter, il résolut de suivre son penchant, de conserver son indépendance, et, passant en France où la vie était moins chère que dans son pays, il se rendit à Reims, puis à la Flèche. Ce fut dans cette ville qu'il composa son Traité de la nature humaine, dans lequel, se montrant incrédule et sceptique, il sapait toutes les religions. Sans se laisser décourager par le peu de succès de cet ouvrage, il fit la première partie de ses Essais moraux, politiques et littéraires, dont la seconde lui fit dans la suite une grande réputation. Forcé de sacrifier son indépendance au besoin, il fut successivement précejDteur, secrétaire, candidat pour une chaire de philosophie, aide de camp,enfinbibliothécaireàEdimbourg. Ce fut là qu'il conçut le plan de son Histoire d'Angleterre, qui eut un grand succès en France. Voici ce que pensait de cet ouvrage et de son auteur l'Anglais Horace AValpole, un ami de Hume : « Son histoire si falsifiée en maint ehdroit, sipa7'tiale en d'autres, si incohérente dans ses parties, passe à Paris pour un modèle '. »
« Lorsque — dit M.-Pathay ^ — je connus pour la première fois ce jugement, j'en fus frappe, et j'étudiai