ET LEURS CONSÉQUENCES SOCIALES
Origine et famille de l'homme. — Son entourage. — Le collège Louis-le-Grand. — Premières scélératesses.
^oijiu mensonge au dix-huitième siècle, François- Marie Arouet, dit. ^Voltaire, a trompé sur la date même de sa naissance les biographes et l'histoire.
Craignant que les condamnations portées contre ses ignominies écrites n'entraînassent, un jour ou l'autre, la séquestre ou la confiscation des immeubles qu'il pourrait posséder, il réalisait en numéraire sa fortune toujours croissante, et prêtait sur bail à vie, n'oubliant pas, à chaque contrat, de se vieillir d'un an ou deux, pour avoir un prétexte d'augmenter ses rentes viagères.
De là des variantes successives, qui, de son vivant
comme après sa mort, ont égaré les historiens.
En conséquence, le plus sûr est de s'en tenir au texte de son acte de baptême, dressé sur le registre de la paroisse Saint- André-des-Arts.
Fils de François Arouet, ancien notaire au Ghâtelet, et de Marie-Marguerite Daumart, il est né le 21 novembre 1694.
On le baptisa dans la journée du 22.
Un abbé commendataire de Varennes, François de Gastagner de Cliâteauneuf, lui servit de parrain, et il eut pour marraine Marie Parent, femme de Symphorien Daumart, contrôleur de la gendarmerie du roi.
Originaires du Poitou, les Arouet, les Daumart étaient de simples marchands colporteurs.
L'un d'eux (un Arouet) vint s'établir à Paris, avec des ressources suffisantes pour ouvrir un magasin de draps, rue Saint- Denis. C'était l'aïeul de notre héros, et l'orgueilleux philosophe n'a jamais soufflé mot de ce grand-père drapier.
Pourtant il n'eût pas manqué de flatteurs, qui auraient renouvelé avec lui le dialogue connu :
— Votre grand-père marchand? C'est pure médisance, il ne l'a jamais été. Seulement, comme il était fort obligeant, fort officieux, et qu'il se connaissait fort bien en étoffes, il en allait choisir de tous côtés, les faisait apporter chez lui, et en donnait à ses amis pour de l'argent.
— Ah ! je suis ravi de vous connaître, afin que vous rendiez témoignage que mon grand-père était gentilhomme (1).
François Aroaet demeurait dans le voisinage du Palais de Justice.
Ayant quitté ses fonctions de notaire, dès l'année 1692, il fut admis plus tard à prêter serment comme receveur des épices, amendes et vacations, emploi modeste que monsieur son fils transforma pompeusement en une charge de trésorier à la chambre des comptes, et ses complices de mensonge à l' Encyclopédie Taidèrent à transmettre à la postérité ce prétendu point historique.
D'un simple soldat, ces messieurs firent un général : à cela près, il y a parfaite exactitude.
Si, du côté paternel, Voltaire essaya de relever sa naissance, il prit à tâche de la déshonorer du côté maternel, — système de compensation bizarre ; — mais il ne fut jamais homme à sacrifier une polisson- . 1 nerie aux bienséances.
En 1706, âgé de douze ans à peine, il écrivait à un poète de l'époque :
Dans tes vers, Duché, je te prie, Ne compare point au Messie Un pauvre diable comme moi.