‹ VoltaireChapitre 15 sur 18 · treize ans plus tard, devait aller le · texte numérisé non relu

treize ans plus tard, devait aller le

rendre la nation bout entière. Mais avant de raconta1 ces funéraii -. sons pie cinq semaines après la mort de Y.ltai 2 juillet, Jean-Jacques, retiré

• la pauvre Thérèse a Ermenonville, mourait sans maladie d" une apoplexie séreuse en contemplant tran-

quillement la campagne par sa fenêtre... Se sentant frappé mortellement, il s'était fait placer là par Thérèse pour admirer, une fois encore, la nature. Il était allé le matin se promener et s'asseoir clans les bois.

Ses dernières paroles avaient été (en contemplant le ciel) : « Dieu, Être des êtres!... Ma pauvre femme, embrassons-nous ! »

Il était âgé de soixante-six ans moins deux jours.

Rousseau fut inhumé, sans trouble, dans Vile des Peupliers, restée depuis ce temps-là un lieu de pèlerinage.

Les voilà donc morts, l'auteur de Zaïre et l'auteur de Julie! La philosophie est forcée de se taire sur leur tombe, et les prêtres déclament ; mais voyons quel fut, en peu d'années, le résultat de leurs déclamations.

Le 30 mai 1791, jour anniversaire de la mort de Voltaire, l'Assemblée nationale décrète que ses cendres seront transférées de l'église de Scellières au Panthéon, après avoir reçu les honneurs publics dus aux grands hommes. Une fête nationale est organisée pour le lundi 11 juillet. Dès le dimanche, les corps municipaux se rendirent processionneliement à la barrière de Charenton pour recevoir le corps de Voltaire. Un char de forme antique, traîné par douze chevaux blancs, reçut le cercueil. La cérémonie ne devait avoir lieu que le lendemain, et il avait été convenu que le cercueil passerait la nuit sur les ruines de la Bastille. Il y

fut transporté au milieu du concours des autorités et du peuple. La place de la Bastille, pour le recevoir, avait été changée en un délicieux bocage : la verdure, les Heurs, des rochers couverts de guirlandes et construits avec les démolitions mêmes de la forteresse, faisaient de ce lieu un véritable Elysée. Mille allégories remplissaient la place ; des jeunes filles en blanc, représentant les Muses, entouraient le char. Sur remplacement de la tour où jadis avait été enfermé Voltaire, s'élevait une plate-forme richement décorée- c'est là que son cercueil fut déposé pour y passer la nuit, après avoir été montré au peuple, au milieu d'applaudissements suivis du plus religieux silence. Au-dessus du cercueil, ou lisait :

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